‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 202 sur 389 · DONNEUR. — DONT · texte numérisé non relu

DONNEUR. — DONT

On a dit d*une manière approchante, avec un rég. de pers. :

Oui , Nerva , je la donner Sans rien examiner, au bien de ma.coufonne : Elle mourrai (Cyrano, Mon (T Agrippa, ii, 1.)

Et d*une façon analogue, avec à suivi d*un infinitif :

Us craignent de s'estre mescontez en l'opinion qu'ils ont eue de vous, et d'avoir domU de leur réputation à faire valoir la vostre. (Tbbopb., Œuvr., à Mgr. de L.)

— DONNER A [un subst.) , à (un infin.) , donner à.... le soin de :

Aime en tous lieux, perfide, et partage ton âme,

Choisis qui tu voudras pour maîtresse ou pour femme,

Donne à tes iniéréls à ménager tes vœux ;

Mais ne crois plus tromper aucune de nous deux. {VlUus.^ m, 6.)

— DONNER, neut. DONNER jusqu'à, aller, pousser jusqu'à ;

Donnons jutques au lieu, c'est trop d'amusement. C'/i'*, ti. 3«)

Si d'adventure vous estes à Boulogne, donnés jusque» à Paris pour cet effect. {Uu. miss, de Benri lY, t. iv, p. 749, 33 avr. 1597.)

— EN DONNER , pour signifier mentir :

DORAirrc. Et bien, l'occasion?

GUTOM. Elle fait le menteur, ainsi que le larron ,

Mais si j'en ai donné, c'est pour votre service. [Suite du MenL, iv, 8.)

— IL NOUS EN A TROP DONNÉ, il nous a trop abusés :

Dorante avec chaleur fait le passionné :

Mais le fourbe qu'i/ est nous en a trop donné;

Et Je ne suis pas fille à croire ses paroles. [Le Mem,, iv, 8.)

D'ordinaire on dit en donner à quelqu'un; la variante de Cor* ueille est des plus naturelles et des plus heureuses.

— DONNER DES PLEURS, employé d'une manière assez singu* lière pour signifier faire verser des pleurs :

Et ses trois frères morts par la main d'un époux

Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous. (Hor,, iv, 3.)

DONNEUR DE BOURDES, celui qui est accoutumé à donner des bourdes, qui aime à duper :

Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes. (Le Ment,, ui, 5.)

DONT, pour de qui, se rapportant à un nom de personne:

C'est elle doiti je tiens celle baute espérance

Qui flatte mes désirs d'une iUustre apparence. {Pomp., iv, 3.)

Faut-il que je vous obéisse.

Moi, dont Galba prétend faire une impératrice? {Oth.f n, 5.)

Je serois le premier dont on seroit jaloox. ifiert,, iv, 8.)

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