‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 203 sur 389 · DONT · texte numérisé non relu

DONT

— DONT, pour par lequel :

Mon âme vit l'errenr dont elle étoit séduite. VtUu*. com., i, 1.)

Ce favorable vœu dont elle* Ta séduit. {Bodog.)

Voltaire voudrait /}flr lequel. Dont paraît remplacer avantageusement en poésie ce mot prosaïque ; et Tanalogie est parfaitement suitie, les poètes offrant mille exemples de dé ati Hetf de pnr.

— DONT quelqu'un, uu desqucls :

Souffrez donc que pour lui je garde un peu d'estime.

La sienne dans la cour lui fait mille jaloux.

Dont quelqu'un a voulu le perdre auprès de vous. {Ifù9m., m, 8.)

— DONT, pour (Fou, en parlant d'origine :

Quand il falloit calmer toute une populace,

Le sénat n'épargnott promesse ni menace,

Et rappeloit par là sou escadron mutin

Et du mont Quirinal et du mont Aventin,

Dont il i'auroit vu faire une horrible descente,

S'il eût traité longtemps sa fureur d'impuissante. (/Vtcom., v, 2.)

Adieu, mais quand l'orage éclatera sur vous,

Me doutez point du bras dont partiront les coups. {PoL, v, 6.)

Quoi qu'en disent les grammairiens et les dictionnaristes, dont s'est longtemps et très-bien employé pourrf'oà, au propre et au fig. : Je scey bien dont ces paroles sont venues. [Les quinze Jojfiê de nur., vu.) n ne fault point avoir de seing

Dont leur peult cest argent venir. (Coquill. , Lu Nouv, Dr. Dé Sfatu homin . ) Mais tousjours maintient ses paroUes

Qu'el(le) ne scet dont estes venu. (Farce de George le Feas.)

Frère Jean l'aperçut, et demandant dont lui venott telle foseltorie ne» aeeoutnmée. (Rabbl., iv, 18.) — Dont cela soit procédé, je vous le diray au moins mal qu'il me sera possible. (Pasq., Rech. de la Fr., vu, 1.) — Maintenant il me suffit d'avoir discouru dont est prévenue la diversité qui se trouve en nostre langue entre le parler et l'orthographe. (Id., ibid,, viii, 1.] — Or nous est le mot de ha> guenot tres-familier, et plus qu'il n'en cstoit besoin ; et toutesfois peu de pi^oimes se sont ad visez dont il a pris son origine. (Id., Wid., vui, 55.) » Et etoiii procède ce mal? (U. Estibnnb, A pot. pour Utrod,^ dise, prél,)

Dont l'as-tu eue?

Oomnyent l'as-ta si bien oognne? (GMivtit, Leê Éébâhfi, iir, 9.) Dont je passay à Chasteaudun, et de là assiégeay YendoiBe, qui a été prins par force. {Lett. mu%, de Henri IV,'! déc, 1589, t. m, p. 98.)

Dont vient cela, Ronsard, que d'autant plus on chante L'amour, pour alléger ce tourment langoureux. D'autant plus se plaignant on devient amoureux, Et plus ce doux erreur à nos yeux se présente? (An ams Jaiiin, Sonn.) Retournez coucher dom vous venez. (Boucbbt, Sériée, xi.) — liieQ... tes empêche (les créatures) de retomber dans le néant dont eUes sont sorties. (B. Lamt» Nouv, Réflex, tur fart poét., i, 5.)

Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir. (Raginb.)

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