‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 215 sur 389 · EFFORT · texte numérisé non relu

EFFORT

— BFPQAT, en parlant des productions de Tesprit. effort d'invention :

Cette tragédie a encore plus d'effort ttinvention qae celle de Rodùgune , et je pois dire que c'est un heareux original, dont il 8*est fait beaucoup de belles copies, sitôt qu'il a paru. (Exam. <rBéracL)

— CET HEUREUX EFFORT DE MA PLUME, pour désigner Une production à laquelle on consacre avec succès toutes ses forces et tout son talent :

Si je soubaite quelque durée pour cet heureux effort de ma plume^ ce n'est point pour apprendre mon nom à la poslériié, mais seulement pour laisser des marques étemelles de ce que je vous dois. (Le €id, à M** de Combalet.}

— EFFORT, énergique emploi au figuré :

J'aime, n'abuses pas, prince, de mon secret,

Au milieu de ma baine il m'écbappe à regret,

Nais enfin il m'écbappe, et cette retenue

Ne peut plus soutenir V effort de votre vue, [Bodog.^ !▼, 4.)

— EFFORT, en parlant de sentiments surexcités, de qualités morales portées à un très-haut degré :

Je le désavouerois, s'il n'iitoit magnanime,

S'il manquoit à remplir Y effort de mon estime. {Nieom.^ y. 9.)

Je verrai par Veffort de votre obéissance

Où doit aller celui de ma reconnoissance. (I^erth., ii, 1.)

Grimoald inconstant n'a plus pour vous de charmes,

Mais Grimoald puni vous coùteroit des larmes.

A cet objet sanglant Veffort de la pitié

Reprendj-oit tous les droits d'une' vieille amitié. [llnU.)

Qno.i donci madame, Othonvous coùteroit Pempire?

U sait mieux ce qu'il vaut et n'est pas d'un tel prix

Qu'il le faille acheter par ce noble mépris.

Il se doit opposer à cet effort d^estime

Où s'abaisse pour lui ce cœur trop magnanime,

Et par un même effort de magnanimité.

Rendre une âme si haute au trône mérité. {Oth., m, 5.)

Les bons auteurs oflfrent en grand nombre des emplois analogues, excellents à imiter, comme celui de Corneille :

Vous avez veu que la longueur d'une traistreuse prison n'avoitde rien altéré en moi ny Veffort do mon courage envers Dieu, ny de ma religion catholique. (Pasq., Reck., vi, 15.)

Tout craint Veffort de ieur vertu. (Racan. Ps,, Ode au Roy.)

Quoi donc? un cœur si fier, si plein de fermeté.

Par rejfferi de C amour peut être surmonté! (Quin., Astraste, u^ 3.)

Et dans ce qu'à mes yeux le crime offre d'horreur. Tout Veffoiri de mes soins se doit à l'empereur. (T. Corn., Maxim., m, 1.) De ce grand caractère il a rempli Veffort. (Id., Pyrrh,^ i, 6.)

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