‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 243 sur 389 · ÉPLUCHER. — ÉPRENDRE · texte numérisé non relu

ÉPLUCHER. — ÉPRENDRE

mal à mon sujet. Le premier est ua épitaphe de Pompée, prononcé par Caton dans Lncain. (Pomp., au lect.)

Le seizième siècle faisait aussi ce mot masculin :

Si je Toulois faire un amas de tous tes ipitaphes que je trouve beaux, il me faudroit... (Tabooiot.)

ÉPLUCHER, examiner, scruter avec soin et dans le détail :

Cependant je m'y trouve, et bien que ma pensée

Épluche à la rigueur ma conduite passée. {Clitm, m, 3, l'* édit.)

Dès l'édition de 4644, Corneille substitua r^AercA^ , certainement comme plus noble.

— ÉPLUCHER, examiner avec un esprit de critique minutieuse et malyeillante :

Tous avez épluché les vers de ma pièce, jusqu'à en accuser un manque de césure. {Leiu apolog.) — A éplucher par le menu tous les aultres grands capitaines, il se trouve en chascun quelque spéciale qualité qui le rend illustre. (Montaigns, Eu,, u, 36.) — Mon avis étoit qu'il falloit éplucher un homme en sa vie et non pas en son origine. (Malh., led., à M. Colomb.)— Sans que y épluche période par période le passage ci-dessous cité, le lecteur intelligent connoit déjà quel en est le ridicule. (Batlb, Comment, philos., Disc, prél.)

Femmes aussi trompent assez souvent ;

Jà ne les faut éplucher trop avant. (La Font., Com., iv, 3, Les Troq,)

On dit encore très-bien, quoique F Académie et les autres dictionnaires se taisent de cette signification, éplucher une question, l'étudier avec un soin minutieux :

Combien avez-vous passé de nuits à éplucher les questions épineuses de U dialectique? (Fonten., Dial. des Morts anc, iv.)— Pourquoi des savants qui consacrent volontiers tant de veilles à éplucher des bribes d'Ennius ou de Pacnvius» en refuseraient-ils quelques-unes aui origines de leur langue maternelle? (Gaiim, Var, du long, franc,, Introd.)

ÉPRENDRE, activ., rendre épris de :

Et l'amour qui pour lui m'^prii si follement

M'avolt fait bonne part de son aveuglement. [MéL, m, 5.)

Eprendre se trouve, à partir de la plus haute antiquité, jusqu'au dix-huitième siècle, de cette manière ou d'ime manière analogue :

Andui lor cuer esprenent d'une commune amor.

(J. BooBL, La Chans, des Sax., cxxiv, éd. F. M.) Si m'est au cors une autre amor emprise

Qui me requiert et allume et espreni. (Quksnb db B^tbomb,

* Mss. 184, suppL — i9«9) 8.-GenB.}

Amours cbascune Personne esprent à son gré. (Jbh. Lbsccb., Chans., bail, et rojid.,n.)

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