ESPOIR. — ESPRIT
Cependant, on trouve d'une manière analogue :
Puis en perdit e sa vie e ses membres,
El piait ad Ais en fut jaget a pendre,
De ses parenz ensembl' od lui tels trente,
Ki de mûrir nen oureni espérance. (Thér., La Chant, de Bol.f ii, 747.)
C'est-à-dire : qui ne s'attendaient pas à mourir.
0 ciel ! est-il donc vraisemblable qu'un homme s'exposât à brûler éternellement sous Vespérance de demeurer pauvre, haï, affamé, et en crainte continuelle do se voir griller en place publique? (Cybano, Leu. div.. Contre les Sorc.)
• On emploie quelquefois espérer dans ce même sens ironique, qui se trouve dans les plus anciens monumenls, comme dans Floire et Blanceflor,
c On peut citer, comme une chose dit meilleur goût, dit un spirituel écrivain, ce que répondit le comte d'Argenson à des personnes qui le félicitoient d'avoir une nièce aussi aimable que Mlle de Berville, jeune demoiselle de quatorze ans, qui joignoit, à la plus jolie figure, un esprit plein de vivacité. Oui, répondit ce ministre, nous espérons bien qu'elle nous donnera du chagrin. Rien n'est plus fin. plus spirituel, que l'emploi de ces mots : espérons et chagrin^ et rien de plus judicieux ; car les avantages de la figure et ceux de l'esprit dans une personne jeune et vive dévoient probablement servir à l'égarer et à donner du chagrin à ses parents. » (Mbilhan, Portr, et caract,, p. 141.)
La locution employée par Corneille est encore un latinisme. Virgile a dit :
Uunc ego si tantum potui sperare dolorem. (/£ii., iv, 419.)
ESPOIR. FAIRE UN ESPOIR d'une CHOSE, en donner l'espoir, la faire espérer :
Galba ne l'a produit qu'avec sévérité,
Sans faire aucun espoir de libéralité. {Oih., iv, 3.)
Négligence que Racine ne se serait pas permise.
ESPRIT, cœur; animus :
Madame, puissiez-vous lire dans mon esprit,
Vous verriez jusqu'où va ma pure obéissance. {La Veuve, i, 3.)
Ne vous entr'appeler que mou âme et ma vie.
C'est montrer que tons deux vous n'avez qu'une envie,
Et que d'un même trait vos espriu sont blessés. {Ibid.)
Mais ici mon amour me servira d'excuse.
Il serre nos esprits d'un trop étroit lien,
Pour permettre à mon sens de s'éloigner du sien. (Ibid., t, 3.)
Ce que j'ai dans Vespra je ne le puis celer. [La Gui. du Pal., ii, 9.)
Mon amoar pour Florame en est le seul coupable :
Mon esprit Tadoroit ; et vous étonnez-vous
S'il devient inventif, puisqu'il étoit jaloux? {La Suiv., t, 8.)