‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 248 sur 389 · ESPRIT · texte numérisé non relu

ESPRIT

Et le même mooieot verra p&r deux trépas

Nos esfnriit amoureux le rejoindre là>bas. {ClUut. con.^ v, 1.)

Depuis que mon esprit est capable de flamme,

Jamais un- trouble égal n'a confondu mon &mc. [Méd., i, 8.)

Ah! cruels déplaisirs à Vetprii d'une amante! {Le Cii, iv, 3.)

Et vos beaux yeux enfin m'ayant fait soupirer.

Pour faire que votre &me avec gloire y réponde,

M'ont rendu le premier et de Rome et du monde.

C'est ce glorieux titre, à présent effectif,

Que je viens ennoblir par celui de captif :

Heureux si mon etprii gagne Unt sur le vôtre

Qu'il en estime l'un et me permette l'antre. {Pomp.^ iv, 3.)

Les exemples de cette signification, qu'on a eu raison d'abandonner, ne sont pas rares :

Bref, toutes ces douceurs, cette' amitié parfaite.

Fait qu'encor tous les jours mon etprU le regrette. (L.>C. Disca., À lis., it,3.j De quoy je vous ay bien voulu advenir pour ce grand contentement que j'en remporte en mon etprit, {Leti miu. de Henri /l^, 3 avril 1583, 1. 1, p. 449.) — Vous ne doutez pas, Monsieur, de l'effet que ces gr&ces ont fait dans mon cœur. Je vous assure qu'il est tel que je n'ai rien de plus fort dans Vesprit que de hasarder pour son service la vie qu'il vient de me conserver. (Bdsst, Lett., au duc de Saini- Aignan, S août 1666.) —Un mouvement de colère s'emparoit de mon esprii^ et me faisoit penser les choses du monde les plus violentes contre cet audacieux. .M*« de \lUM!^.,,Alcidam.t l'* p., 1* 4.)

L'amour d'Antiochus n'a pu trop vous surprendre ;

Mais, comme à son hymen vous ne pouviez prétendre,

C'est du moins quelque charme à votre eaprii jaloux.

De le voir dans ses vœux aussi trompé que vous.(T.CoRN.,4MitocA.,iv,3.;

— ESPRIT, sentiment, disposition, changer d'esprit :

Avec votre jalouse elle a changé d^esprit.

Et je l'avois laissée à l'hymen toute prête

Sans que son déplaisir menaçât que ma tète. (PerUi., m, 3.}

— ESPRIT, avec le plur., pour signifier les sens :

Pardonnez cependant à mes etpriit dëcus ;

Daignez prendre pour vous les vœux qu'il a reçus. {SuUeduMau., iv,6.

— ESPRITS, sentiments :

Ainsi de vos désirs toujours reine absolue,

Les plus grands changements vous trouvent résolue ;

De la plus furte ardeur vous portez vos esprits

Jusqu'à l'indifférence, et peut-être au mépris. [PoL^ ii, i.)

Ainsi que la naissance, ils ont les esprits bas. {Pomp., iv, 2.)

Esprits se dit ici comme on pourrait dire en latin animas. Cette expression a été critiquée à tort.

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