ÉTAT
Voltaire a dit eûcore, dans le style comique :
Après que vous aurez aux yeux do l'assemblée
EiaU les péchés dont votre âme est troublée.
Avant que de partir il faudra prudemment
Dicter vos volontés et faire un testament. {La Fête de BeUibai.)
Étaler s* employait aussi pour exposer, avec l'idée d'éclat, de solennité :
Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages
Où tout Paris en foule apporte ses suffrages? (Boil., Art poét.y m.)
— Corneille ofifre d'autres exemples d'étaler qui rentrent davantage dans la signification d'aujourd'hui, comme celui-ci :
Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire.
Vous éiatei en vain vos charmes impuissants;
Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire
Les ennemis de Dieu pompeux et fiorissanu. {PoL, iv, ^.}
Et, pour mieux leur montrer comme il est infini (son pouvoir).
Leur HaU surtout mon père rajeuni. (Méd,, i, 1.)
ÉTAT, SCRUPULES d'État, comme on dit considérations d'État :
Lesêcrupuîet dÈiat qu'il fallott mieux combattre,
Assez et trop longtemps nous ont gênés tous quatre. [TUe ei Bér., lu, 2.)
— Dans un sens analogue :
Vos chimtres dÊtat, vos indignes scrupules
Ne pourront-ils jamais passer pour ridicules? (iàid.y lu, 5.)
— GRIME d'État, crime capital:
Le plus léger chagrin d'une humeur inégale,
Le moindre égarement d'un mauvais inlervalle,
Un souris par mégarde à ses yeux dérobé,
Un coup d'œil par hasard sur un autre tombé ,
Le plus foible dehors de cette complaisance,
Que se permet pour tous la même indifférence ,
Tout cela fait pour lui de grands crime» (fÊiat, {Œuv, div.. Jalousie.)
^ IMPRUDENCE d'état, imprudcncc capitale : |
Je dirois qu'à la prendre ainsi sans votre aveu, I
Tout notre ami qu'il est, il nous bravoit un peu. l Mais comme je lui veux conserver votre estime,
Autant que je le puis je déguise son crime, |
Et nomme seulement imprudence dBtat i
Ce que nous aurions droit de nommer attentat. (Sophmu, v, 6.) '
— RAISONS DE l'État, comme raisons d'Etat :
Car ce n'est point l'amour qui fait l'hymen des rois,
Les ra'uota de CÊtai règlent toujours leur choix. (D. Sanche, iv, 5.)