‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 254 sur 389 · ÉTERNITÉ · texte numérisé non relu

ÉTERNITÉ

— ÉTAT, estime, cas :

Quoi I c'est là tout Vétat qne lu fais de mes feox? {Mél . i. 5.)

C'est donc là tont Yitai que lu fais d'Hippolyte?

Après des vœux offerts/c'est ainsi qu'on me quitte ! {ha Gai, du Pal.^ u, 7.)

Par un secret instinct que je ne puis nommer,

J'en fais beaucoup d*état, et ne le puis aimer. [VlUm. corn,, m, 1.)

Avez-vons su Vétat qu'on fait de Curiace,

Ma sœur? {Har., ii, 4.)

Je vais comme au supplice à cet illustre emploi,

Je maudis mille fois Vitat qu'on fait de moi. (Ibid., se. v.)

Et ne fais point d'état de sa possession,

Si je n'ai point de part à son affection. (/^td., m, 1.)

Et s'il en est un prix dont vous fassiez état,

Donnez-moi les moyens d'être un peu moins ingrat. {Sur., m, 2.)

On voit comme le poète varie heureusement une locution des plus usuelles au dix-septième siècle.

— FAIRE DE l'état, comme faire état :

Faitei-ende Fétat, il est vaillant lui-même;

Il commandoit sous moi. {VIUu», corn,, lu, 10.)

— FAIRE ÉTAT DE (un iufin.) , comptcF de :

Sinon, sur mes sujets Jattes état (f avoir,

Ainsi que sur moi-même, un absolu pouvoir. {Méd., iv, 5.)

— FAIRE ÉTAT DE (UU SUbst.) , COmptCF SUF I

Adieu, Jaites état de mon humble service. {La Suiv,y v, 4.)

— FAITES ÉTAT EN MOI d'un FRÈRE, voyez cu moi un frère, regardez-moi comme un frère :

Eu moi AorénaYt^ni Jaitet état d'un firhre, cLiTANDBB à Rotidor. En moi d'un serviteur dont l'amour éperdu

Ne vous conteste plus un prix qui vous est dû. {CUt,, v, 5.)

— LAISSER EN QUELQUE ÉTAT DE (un infin.], commc OU dirait laisser en quelque facilité de :

J'y mourrai sans regret, si mon dernier moment

Vous laUie en quelque état de régner sûrement. {Sophon., i, 4.)

ÉTERNITÉ, au plur. :

Ah! combien ces moments de quoi vous me flattez,

Alors pour mon supplice auroientd'^ierntftff/ {BéraeL, m, 1.)

Suivant Voltaire, «on n'a jamais dû, dans aucune langue, mettre le moi d* éternité au pluriel, excepté dans le dogmatique, quand on distingue mal à propos Tétemité passée et Tétemité à

Page 1