‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 255 sur 389 · ÉTONNEMENT. — ÉTONNER · texte numérisé non relu

ÉTONNEMENT. — ÉTONNER

venir; comme lorsque Platon dit que notre vie est un point entre deux éternités. »

Pour répoûse à ce jugement trop prosaïque, nous renverrons seulement à notre article HONTES, où nous offrons la théorie et de très-nombreux exemples de l'emploi du pluriel pour les mots qui paraissent naturellement réservés au singulier.

ÉTONNEBIENT, épouvante, abattement, consternation :

Us sont, grâces aai. dieni, dignes de leur patrie;

Aucun étonnement n'a' leur gloire flétrie. (Ifor., lu, 3.1

La reine more est décédée, la veille des rois dernière, au grand e«iofiii«»«fi de nous tous. (Pasq., leii., xiu, 8.) — Chacun parloit sans certitude, et tous pre- . noient pour conseil VestomtemenL (D'Aubignb, Hiit, univ.^y, 13, P« éd.) — A l'instant sont arrivez quatre cens chevaulx armez de toutes pièces qui ont doimë jusqu'à la grai.de place de la dicte ville, dont les dicts habitans ont piins on tel etlonnemem qu'ils ne se sont jamais mis en aulcuoe deffence. {LeU. mtM. de Henri /F, t. iv, p. 696, 12 mars 15970— Ces promesses si étendues et données en termes généraux éblouissaient et rassuraient M. le prince et tous ses amis, elles confirmaient le monde dans l'opinion qu'on avait conçue de Vétonnemeni du cardinal. (La Rochbp., Mém.^ Prison des princes.)— Dans tout le volage de Poitiers, on le vit extrêmement rêveur ; et la cour, à son exemple, étoit plongée dans on triste étonnemeni, sans que personne en pût deviner la cause. (Pérbp., Bûi, de Henri IV, t. m, 1602.)— Quand ceux qui devroient inspirer la résolution aux autres sont les premiers à la leur ôler, il n'est pas étrange qu'on ne voie plus qn'étonnemem et que foiblesse. (Pblliss., Hist. de Louis XIV, 1664.)

— ÉTONNEMENT, avec le plur., dans le sens de surprise, de commotion violente :

Quelques étonnemenig qu'une telle surprise

Jette dans votre esprit que vos yeux ont déçu.

D'autres le saisiront quand vous aurez tout su. {Ctit., iv, 5.)

Dans ces éionnemenii dont mon âme est frappée

De rencontrer en vous le vengeur de Pompée,

Il me souvient pourtant que, s'il fut notre appui.

Nous vous dûmes alors autant et plus qu'à lui. (Pomp., m, i.)

On trouve de même :

Je m'étonnerois qu'il y eût un seul homme dans Gênes capable des sontimenU que vous venez d'entendre, si mes étonnements n'étoient épuisés par la considération de ce que souffre la république. (Rbtz, Conjur. de Fietque.) — Je méprise tous les petits événements ; j'en voudrais qui pussent me causer de grands étonnementt. (H"* de SivioicB, Lett,, t. ii, p. 97, éd. G.) — Mon amitié pour Béranger m'a valu bien des iiomtemenu de la part de ce qu'on appelait mon parti. (Chat., Mim. di outre-Tombe t x« v.)

ÉTONNER , épouvanter, effrayer, accabler :

Je veux bien l'avouer, ces nouvelles m'éionnenî;

Et je m'imaginois dans la divinité

Beaucoup moins d'injustice, et bien plus de bonté. (Hor., lu, 4.)

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