‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 257 sur 389 · ÉTOUFFER. — ÉTREINTE · texte numérisé non relu

ÉTOUFFER. — ÉTREINTE

Qaoi I déjà votre foi s'affaiblit et $*éumne? (Raczkb. ^f*., i, %,}

Le moostre an môme instant tire son coutelas.

L'en frappe, et dans le flanc l'enfonce avec farie.

Le sang coule ; on »*éionne, on s'avance, on s'écrie. (Volt., La Htm'^.w)

— ÉTONNÉ , stupéfait, frappé de stupéfaction ;

Le destin se déclare, et nous venons d'entendre

Ce qu'il a résolu du beau- père et du gendre.

Quand les dieux étonnée sembloient se partager,

Pharsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger. (Pioi^p., i, 1.)

cLiTON. Ce ton de voix enfin avec cette parole? LISE. Ah I c'est là que mes sens demeurent étonnéa;

Le ton de voix est rare, aussi bien que le nez. [Suiu du Ment., i, 2.)

Vous me quittez! ôciell Mais, Lise, soutenez,

Je sens manquer la force à mes sens étonnée. {Ibid., v» 3.)

ÉTOUFFER, fig. ÉTOUFFER LE DEUIL, comme on dit étouffer le chagrin :

L'éclat qu'a répandu le bonheur de ses armes,

A vos yeux éblouis ne permet plus de larmes,

11 sait les détourner des horreurs d'un cercueil,

Et la peur d'être ingrate éto^ffe votre deuiL [La Toit, d'or^ i, 1.)

ÊTRE, V. IL n'est que telle chose, il n'est rien de tel que, cela seul convient :

Pour perdre des amants celles qui s'en affligent

Donnent trop d'avantage à ceux qui les négligent,

// n'ett lors que la joie; elle nous venge mieux. (Jf^/., m, 5.)

— IL n'est que de, il n'y a plus que tel parti à prendre :

L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,

// n*eêt à son avis que d'être mariée. (Suiu du Mmf., i, 1.)

ÉTREINTE, au fig. :

D'un seul de ses regards l'adorable contrainte

Me rend tous mes liens, en resserre Vétreinte. (Méi.y i, 1.}

Et lors d'un sacré nœud l'inviolable étreinle,

Tirera notre appui d'où partoit notre crainte. {La Tois, dTor, i, 2.)

« £st-il possible, dit Mercier dans sa Néologie y que ce vieux mot, si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? Les étreintes de la nature sont indissolubles. Il y eut, au premier aspect, une douce étreinte entre nos deux âmes. Celui-là se sépare de la vertu, et même de l'humanité, qui redoute Yétreinte de la reconnaissance. »

Ce substantif indispensable est redevenu, à notre époque, d'un usage très-fréquent.

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