‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 258 sur 389 · ÉTUDE · texte numérisé non relu

ÉTUDE

ÉTUDE, soin d*étudier, d'apprendre, paire l'étude d'un rôle,* comme on dit étudier un rôle :

Il De lai est rien arrivé qae je ne lui aie prédit i elle-même, en lai disant adieu, qoand je sus rHude qu'eiie faUoù de ce rôle- {Letl. à M. fabbé de Pure, 1% mars 1659.)

— ÉTUDE, application, indignation qu'on prend avec étude, indignation à laquelle on ne s'abandonne que lentement et par une volonté réfléchie :

Un moment pousse et rompt un transport violent ;

Mais riudignadon qu*on prend avec étude

Augmente avec le temps, et porte un coup plus rude. {Pomp., ii, 1.)

— ÉTUDE , chambre, cabinet où l'on étudie, où l'on compose :

Mais ce ne sont enfin que rayons inconstants

Qui vont de Tun k l'autre, et qui n'ont que leur temps ;

Et ces heureux hasards des fruiu de mon étude

Laissent tout l'avenir dedans l'incertitude. {La Poés. à la Pemf.)

On a dit exactement de même avant et après Corneille :

Mais j'aime mieux qu'on voye aux /ruiii de mon ettude De la témérité que de l'ingratitude. (St-Amant, Élég,,

Sur ce que Ton aToit mal imprimé ma Solitude,) Plus d'un héros, épris des /ruii# de mon élude. Vient quelquefois chez moi goûter la solitude. (Boa., EpU„ x.)

La signification que nous attachons à ce mot était autrefois fréquente. Bien longtemps avant d'être restreint au bureau d'un notaire, d'un avoué, étude se prenait dans la langue commune pour cabinet d'étude en général, témoin ces exemples :

Les antres se délectent du secret des chambres et doctes utudee, (Do Billat, tJllusir, de la langue franc, y w^W,) — Ne laisse pas ceste eeiude ouverte, car quelqu'un s'y pourroit cacher. ( Lahiv., Le Fid., iv, 1. ) — 11 (un médecin) avoit une têtude secrette bien prés de la porte de sa maison. (Bouchkt, Seréa, x.) — Je ne suis de ces hardis et ignorants écrivains qui enfantent tous les jours des livres, qui en font de grosses forêts, et qui, en leurs eetudee obscures , esquelles ils ne ▼oient pas la lumière du monde, parlent et escrivent hardiment. (Dd Hailuln, dédicace de VÊtai ettuccès de* affairet de France, éd. 1580. ) — Derrière le chevet de mon lict il y a une petite eaude, où l'on peut entrer par une petite porte. {Coq. de racc.,2* journ. ) — J'ai une belle étude, grande et vaste, où j'espère de faire entrer dix mille volumes. (Guy Patin, lett.)

Vistes-vous sans regret l'honneur de mon estude,

Mon noble coup d'essay, ma chère Solitude,

Ainsi défigurée en ses traits les plus beaux. (St-Amant, Élég.^

Sur ce que l'on avait nal imprimé ma Solitude.)

Ces vers, produits dans mon estude.

Récitent les commandements,

Et j'en fais de ma solitude

Les plus doux divertissements. (Rican, P«., cxviii.)

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