ABONDANT. — ABORD. M
Nous observerons sur ce dernier exemple que mettre aux abois se dit surtout pour réduire à une position extrême, mais on peut certes employer cette locution comme a fait notre grand poète.
Des auteurs de dictionnaires pn»tendent qu'abois, au figuré, ne se dit plus que dans le style familier. Ce sont de ces décisions dont heureusement les auteurs de génie savent ne tenir aucun compte.
ABONDANT en, avec un nom de personne, qui possède en abondance :
Toute cette faveur ne me rend pas mon père ;
Et de quelque façon que l'on me considère,
Abondante en richesses, ou puissante en crédit,
Je demeure toujours la fille d'un proscrit. {Cin., i, 2.)
ABORD, en parlant des personnes, action de toucher à une côte, d'arriver dans un port :
Les Mores devant lui n'ont paru qu'à leur honte;
Leur abord fui bien prompt, leur fuite encore plus prompte. (Cûf, iv, l.)
— ABORD, action d'aborder, d'arriver en quelque lieu, en général :
Mon abord en ces lieux Me fit voir Polyencte, et je plus à ses yeux. (Pol^.^ i, 3.)
n combattoit Antoine avec tant de courage Qu'il emportoit déjà sur lui quelque avantage ;
Mais l'abord de César a changé le destin. {Pomp., v, 3.)
C'est tout ce que j'ai vu dans Rome à mon abord. (La Font., Fab., xi,7.)
A son abord en Afrique, les rois se donnent à lui. (Boss., Bisi. univ,,
l"* p. , 8" ép. ) — Par quelle raison son abord à Thessalonique n'a-t-il pas été
inutile? (Id., Panégyr. de S. Paul,ii.)
Les exemples analogues de Molière, de Racine, sont connus de tout le monde.
— ABORD, dans le sens d'approcher une personne, avec le pluriel :
Hante peu la jeunesse, et de ceux du dehors
Souffre rarement les abords, (Imii,, i, 8.)
— DANS l'abord, comme d'abord :
La mort de son rival, les pleurs de son ingrate.
Ont bien je ne sais quoi, qui dans Fabord le flatte.
Mais de ce cher objet s'en voyant plus haï ,
Plus il s'en est flatté, plus il s'en croit trahi. {Androm,^ v, 1.)
Combien en voyons-nous se laisser pas à pas