‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 260 sur 389 · ÉVAPORER. — ÉVIDENCE · texte numérisé non relu

ÉVAPORER. — ÉVIDENCE

TAIRE, comme se taire- Encan mais, fayroj-tu? (Semt. joff. de bien boffreJi

Toire aa miliea de mon martire.

Me faut essayer la satire,

Souffrir et latr« je ne puis. CJ.-A. os Baïf, Us ifiaief.)

ÉVAPORER, fig. ÉVAPORER SON SOUCI, comme on dit évaporer son chagrin , évaporer sa bile :

Et que le cœur lassé du souci qui l'accable.

Cherche à ïivaporer par de si vains discours? (/nrif., i, 10, éd. 1651.i

— ÉVAPORER DES SOUPIRS » exhaler des soupirs :

Ne pensez qu'à l'époux que mon choix vous destine,

Vinius vous le donne, et vous Taccepteres

Quand vos premiers soupirs seront évaporés, (OrA., t, 4.)

Corneille emploie fréquemment ce verbe avec le pronom personnel, dans le sens de s'exhaler, éclater au dehors :

J'ai caché si longtemps l'ennui qui me dévore,

Qu'en dépit que j'en aye enfin il s'évapore, [Puleh., u, 1.)

Souffrez qu'une imprudente ardeur.

Prête à s'évaporer, respecte ma pudeur. (fUd., u, 1.)

Il est temps de te dire Et quel malheur m'accable, et pour qui je soupire : Le mal qui s'évapore en devient plus léger, Et le mien avec toi cherche à se soulager. (Sur., i, 1.)

On trouve de même :

Ce fut là que la tendresse de Carmante s'évapora sans scrupule et sans contrainte. (M"< oB ViLLBD., CaramanUj 2* p<, 1. n.) — L'innocente joie aime à s'Awporer au grand jour. ( J.-J. Rouss., Leu. à cTÀlemb. sur Us speei», et /Votcv. BU,, IV, 10.)

Nous croyons que cette expression imagée pourrait encore très-bien s'employer aujourd'hui, au moins dans certains cas.

ÉVERTUER (s'] , avec un nom de chose pour sujet :

A présent il est temps que hm voix s'évertue. {La Veuve, m, 10.)

Que les pleurs d'une amante ont de puissants discours,

Et qu'un bel œil est fort avec un tel secours !

Que mon cœur s'attendrit à cette triste vue !

Ma cûititance contre elle à regret s'évertue, [Oor.^ u, 5.)

ÉVIDENCE. SB METTRE EN ÉviDENGEi sc produire, se déclarer :

De quel front oserois-je après sa confidence

Souffrir que mon amour sê mît en évidence? ^{SuHe du Ment,, iv, 8.)

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