‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 265 sur 389 · EXPRIMER. — EXTÉRIEUR · texte numérisé non relu

EXPRIMER. — EXTÉRIEUR

On trouve des exemples semblables de en pour à après exposer :

Je lai dis ingénament en quel danger ma jeunesse avait été exposée. (Fbn., TiUm,, IV.)

EXPRIMER, reproduire, imiter, retracer, au sens matériel ou au sens moral :

L'antiquité nous parle de l'écume d'an cheval, qu'une éponge jetée par dépu SOT an tableau exprima parfaitement. ( Clit.f préf. )

On a dit, dans diverses nuances analogues de signification :

Dans tout le cours de sa vie et de ses actions elle a exprimé ce parfait original, par sa générosité naturelle, par le bon usage des biens et de la faveur. (Fléch., OraiM.fun. de M*^^ deMoniau8.)-T^e dessein de Dieu a été de leur proposer dans la personne de Marie une image sensible et vivante, dont ils étudiassent tous les traits pour lesexprimer en eux et se les appliquer. (Bouao.,/n«iruci.,pojir COct. de VÂêc, S lu, 1. )--Plus attentif encore à exprimer leurs mœuis qu'à admirer leurs lumières. (D'Aoubss., Mercur,, 1704.) — Je ne trouvais point de paroles pour exprimer la solidité, la simplicité et la noblesse de mon grand original. (Flburt, Hip, aux dise, de t'ab. Maasieu et de M, Mallet,)

— s'exprimer, être exprimé, être prononcé :

Ses discours me font voir du respect, de l'estime,

Et même quelque amour, sans que le nom t'exprime. ^Att.f ii, 1.)

EXQUIS, en parlant d'un mouchoir de prix :

Faute d'un plus exquis^ et comme par bravade,

Ceci servira donc de mouchoir de parade. [La Suiv.y ii, 5.)

EXTÉNUER, employé d'une manière absolue dans le sens d*atténuer :

Cette partie a besoin de la rhétorique pour peindre les passions et les troubles de l'esprit, pour consulter, délibérer, exagérer ou exténuer. {Prem. Disc.)

— Corneille emploie aussi ce verbe avec un régime :

Pour plaire, il a besoin quelquefois de rehausser l'éclat des belles actions, et à'exUnuer l'horreur ^es funestes. (Deux. Dite.)— Pour exi^nu^r, ou retrancher cette horreur dangereuse d'une action historique, je voudrois la faire arriver sans la participation du premier acteur , pour qui nous devons toujours ménager la faveur de l'auditoire, {llnd.)

— De même au participe , dans le sens d'affaibli :

Mais cette môme grâce en moi diminuée.

Et par mille péchés sans cesse exténuée, (Po'-» h. 6.)

Nous ne donnerons pas d'exemples de cette signification, parce qu'elle est encore indiquée, comme vieillie, par la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie.

— EXTÉRIEUR, subst., apparence extérieure à laquelle la

f94 EXTRAIRE. — FACHER.

réalité ne répond pas. ce doux extérieur, cette apparence flatteuse:

Que m'importa de perdre une amitié si feinte?

Et qae me peut servir un ridicule feu,

Où jamais de son cceur sa bouche n*a l'aveu?

Je m'en veux mal en vain ; l'amour a tant de force.

Qu'il attache mes sens à cette fausse amorce,

Et fera son possible i toujours conserver

Ce doux txUrieuT dont on me veut priver. (La Siiiv., i, 9.)

EXTRAIRE. EXTRAIRE UN LIVRE, y &ire des extraits :

Je voulois vous envoyer le Lexicon GermameO'Tkomœum du P. Heserus ; f ai ▼oulu attendre que j'eusse le loisir de l'cxfrairc. (£eii. au F. Routard, 13 avr. 1652.)

FACE,flg., aspect:

Il faut à son exemple avoir ma politique.

Trouver à ma disgrâce une face héroïque. (PhIcA , iv,.l.)

— CHANGER TOUTES CHOSES DE FACE, faire changer de face à toutes choses :

Son trépas a changé toutes ehoseê de face. {TUe ei Bér., ii, %J)

FACHER, employé comme terme noble et synonyme d'irriter, d'affliger profondément :

Nicomède, en deux mots, ce désordre me fâche* [Nieotm., iv, 8.)

Voltaire condamne cet emploi, c Le mot fâcher^ dit-il, est bien bourgeois. Ce vers comique et trivial jette du ridicule sur le caractère de Prusias, et fait trop apercevoir au spectateur que toute l'intrigue de cette tragédie n'est qu'une tracasserie. »

Fâcher, au dix-septième siècle, avait un sens plus énergique qu'il ne l'avait du temps de Voltaire, et qu'il ne l'a aujourd'hui, et il s'employait parfaitement dans le style le plus sérieux et même le plus noble. On ne peut certes pas accuser d'avoir un langage bourgeois les auteurs des exemples qui suivent :

Il faisait parler de lui, et souvent par des aventures qui mtjdehaiem. (ÊP^ ob HONTPBNS., Mém.f 1688.;

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