‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 267 sur 389 · FALLOIR · texte numérisé non relu

FALLOIR

La vie est peu de chose, et tdt ou tard, qu'importe

Qu'an traître me l'arrache, où que l'âge l'emporte? (Tlie ei B^., t, 1.) XARTiAM.Et si voos me comptez encor poar quelque chose»

Mes conseils agiront comme sous Théodose. ASPAR. Nous en pourrons tous deux avoir le démenti. MARTiAN. Cesi à faire à, périr pour le meilleur parti,

II ne m'en peut coûter qu'une mourante vie.

Que l'âge et ses chagrins m'auront bientôt ravie. (Pti£eA., u, 3.)

Corneille est toujours dans le courant de la langue générale :

J'ai ordre de coucher chez ma tante ; mais n'importe, e'Mi àfairt à être un peu grondée. (Baron, La Co^., ly, 10.) — L'asile qu'on m'offroit étoit une ressource présente. Je l'acceptai donc à la fin, et e*éioU Afairt à le quitter si la fortune me devenoitplus favorable. (M"* ob Villbo., VU de H,-^, de MoL, v.) — Qu'est-ce qne de ne se pas produire par son beau côté ? Cett à faire à ne recevoir pas les louanges que l'on auroit remportées peut-être. (Batlb, Projet dun Diet, erit., i.)

Dans ce sens, comme dans le précédent, on trouve c'est affaire, pour c'est à faire :

Pour moi, j'aurois parlé. Dans un mauvais quart d'heure

Cest affaire à finir sa vie et son amour;

Je suis comme César : s'il faut perdre le jour,

La plus prompte des morts me parotl la meilleure. (SsNBci,Coiii.,Ixion.)

— FAIRE, impers., suivi d'un adjectif, comme être :

QuHlfera dangereux rencontrer sa colère ! (Siitie du Ment,^ m, 3.)

// faii bien piteux et hasardeux, despendre d'un autre. (Hontaignb, £«# ., i, 9.) ^- Il fait dangereux assaillir un homme à qui vous avez osté tout autre moyen d'eschapper que par les armes. (Id., ibid,, 47.) — Il faisait dangereux de le choquer dans ces temps-là. (Mézbr., Abr. de VBist. de IV., ann. 1588.) — // faieoit dangereux de se trouver à l'ouverture de la porte. ( M"* ns La Gubttb, Mém., Biblioth. elzév.,p.32.)

// doU faire mal sûr recevoir vos serments. (T. Corn., le Gai, doublé, v, 3.)

— FAIT, part. p. ÊTRE FAIT EN, avoir Tair de :

SuiS'je fait en voleur, ou bien en assassin ?

Traître, en ai-je l'habit, ou lamine, ou la taille? {Suiu du Ment., i, 1.)

FALLOIR (s'en) , suivi imméd. d*un complém. il s'en fact TELLE CHOSE, comme tï s'en faut de telle chose :

Tout fléchit sur la terre, et tout tremble sur l'onde; Et Rome est aujourd'hui la maîtresse du monde. LAOOiCB. La maîtresse du monde ! Ah I vous me feriez peur.

S'il ne s'en fat toit pas f Arménie et mon cœur, {Nieom,, m, 3.)

Quoique cette construction semble d*abord plus particulière, elle ne diffère pas, au fond, de la forme ; tV s'en faut beaucoup, il s'en faut quelque chose :

LaValteline est toute à nous; et, s'il s'en foui quelque ehoH, ce n'est qu'un fort

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