FAVORABLE. — FEINDRE
— FAIRE DES FAVEURS, comme occorder des faveurs :
Un amant a fort peu de quoi se satisfaire
Des faveurs qu'on lui /ait sans dessein de les faire. [Le Menu, i, 9.)
— SOUS LA FAVEUR DE, à la faveur de :
Marchons êous la faveur des ombres de la nait {Vif lus. com,, m, 7.^ FAVORABLE, succès favorable, succès heureux :
Bien que la nouveauté de ce caprice en ait rendu le succès ^sei favorable pour ne me repentir pas d'y avoir perdu quelque temps. [Ëxam. de tlUu*,)
FAVORISER DE , gratifier de, accorder la faveur de :
Elles (ces rares pensées de la mort] me plongèrent dans une réflexion sérieuse» qu'il falloit comparottre devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il mavoit favorisé. {Imii., Eptt. au pape Alexandre Vil.) ^
Et, si jamais le ciel favorisoii ma eoucbe
De quelque rejeton de cet(e illustre souche,
Cette heureuse union de mon sang et du sien
Cniroit à jamais son destin et le mien. {Pomp., ii, 1, 1'* éd.)
Le goût et le sentiment de la décence engagèrent plus tard Corneille à retrancher ces vers qu'il avait mis dans la bouche de la reine Gléopâtre.
FEINDRE. FEINDRE A quelqu'un, feindre auprès de lui, lui dire^mensongèrement :
Euphorbe vous a feùu que je m'étois noyi. (Cin., v, 3.)
« Feindre j observe Voltaire, ne peut gouverner le datif; on ne peut dire : Feindre à quelqu'un. »
On le disait autrefois , et on le pourrait encore parfaitement dire aujourd'hui :
U lui feint qu'en un lieu que vous seul connoissea
Vous cachez des trésors par David amassés. (Bacimb, Athal., i, 1.)
Et d'une manière analogue, avec un subst. pour rég. dir. :
Ne voilà pas, dis-je, ceste volage, qui se feim de nouveaux prétextes de haine et de jalousie. (D'Urfb, Astrée, i, 1.)
On disait aussi se feindre à, suivi d'tm subst., dans le sens de se déguiser auprès de :
El faut qu'ils (les princes) se ftitjneni souvent non-seulement en guerre oax estrangers et ennemis, mais encore en paix et à leurs subjets. (Chakho!!, La Sag., 111, %.)
— SE FEINDRE, comme feindre, suivi d'un infinitif, par imitation de la proposition infinitive des Latins :
Dorise se feint être un jeune gentilhomme contraint pour quelque occasion de se retirer de la cour. (C/ii., préf.)