‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 278 sur 389 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

Mais redoublons plutôt nos ferveura dans ce trouble.

Pour offrir à Dieu nos combats. {Imit.^ i, 13.)

Onels encens unirai-je aux concerts de louanges.

Que de tes saints ou de tes anges Sans fin et sans relâche entonnent les Jerveurs? tbid,, 111, 10.)

Les doux élancements de ces ferveurs naissantes. Jlrid., 111, 27.)

C'est ce qui dans leurs cœurs verse un amour si tendre, C'est ce qui les élève aux plus hautes ferveum, (Ibid,, iv, 1.)

Voir encore /mit., iv, 8 ; 11, 4 4, 17.

Ferveur, dans ce sens, et dans des sens analogues , se trouve très-fréquemment au pluriel :

Réchauffe dans moy les ferveurs

D'une piété plus parfaite. (Racan, P«., cxviii.)

Se livrant wul ferveurs de la charité la plus consommée. (Bouao., Orais, fun. tl€ Condé, 111.)— il consacra ce saint lieu par des ferveurs et môme des excès de pénitence qui l'égalèrent aux Ëlie et aux Jean>Baptiste. (Id., Panéy. de S, tr, de t*auU, i.)-^ Je vous parle de ses erreurs aussi bien que de ses lumières, de ses roiblesses aussi bien que de ses ferveurs. (Id., Panég, de S. Pierre, 1.) — Des b^glises dont les ferveurs ne le cèdent en rien à celles du christianisme naissant. Id., Panég, de S. Franc. Xav., 1.;— Combien de fois un chrétien, au milieu même de sen ferveurs j n'a-t-il pas pu dire aussi bien que David.... (Id. , Serm.pour le XV* dtm. de la Petit., i.) — Par ces ferveurs apparentes, nous imposons même souvent à ses ministres. (Id., Serm. pour U xviii* dim. de la Pent., i.)— On ne peut douter que les jeûnes n'aient esté très -fréquents dans les premières ferveurs de l'Ëglise naissante. (THOMAbs., TV. des jeûnes, V p., iv, 1.) — Faut-il demander à Dieu des consolations et des ferveurs dans la prière? (Nie, histr. sur tes Sacrem.^ IV, 6.) — La plupart de ces nouveaux docteurs avoient l'avantage de la science et. de l'éloquence sur le clergé , et même certain air de régularité que donnent et ({u'inspirent toujours les premières ferveurs d'une nouveUe religion. (Vbrtot, Mvol.de Suède.) — Il faut recevoir simplement les ferveurs sensibles d'oraison» puisqu'elles sont données pour nourrir, pour fortifier l'&me. (Fén., LetL, au P. Lamy, 26 oct. 1701.) — Sans cet exercice, tous les sentiments de piété que nous pouvons avoir ne sont que des ferveurs trompeuses et passagères. (Id. , Emr. sur les caract. de ta piétiy 1.)

FEU, au sens propre, courir a quelque chose comme au peu,

y courir avec empressement et en foule :

Mais vous, que vous vendez de ces toiles de soie ! LA LiifOKRK. De vrai, bien que d'abord on en vendit fort peu,

A présent Dieu nous aime , on y court comme au Jeu. [La Gai. du Pu/., 1, 4.)

— Avec le plur. , dans le sens iïamour. avoir des feux pour

quelqu'un :

Ton frère, je l'avoue, a beaucoup de mérite;

Mais souffre qu'envers lui cet éloge m'acquitte,

Et ne m'entretiens plus des feux qu'il a pour moi. {La PL Roy., i, 1.)

— METTRE EN FEU POUR QUELQU'UN, inspirer uu ardcut amour pour lui :

Si le ciel pour mon choix vous donne tant de haine,

Vous a^t-il mise en feu pour ce grand capitaine? {VIllus. com.^ m. 1.)

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