‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 279 sur 389 · FEUILLETER. — FIERTÉ · texte numérisé non relu

FEUILLETER. — FIERTÉ

FEUILLETER le digeste, faire ses études de droit :

Vous avezJemUtU U Wgetu k Poitiers.

Et YU, comme mon fils, les gens de ces quartiers. (Le Jfenf. , t, 1.)

FIDÈLE. Emploi remarquable et très-poétique au fig. :

Va, ta me Tenx en vain rappeler k la vie.

Ma haine est trop fidèle, et m'a trop bien servie. {t^odog., ▼, 4. «

-* PRÉSAGE FIDÈLE, présage auquel Tévénement a fidèlemeDt répondu :

0 d'on trouble inconnu présage trop fidèle! {Otk,, ▼, 6 }

FIEF, fig. :

D'ailleurs, si par les biens on prise les personnes,

Le théâtre est un >!e/dont les rentes sont bonnes. (VUIuê. eoai., v, b.'i

FIER, confier. Remarquable emploi au figuré :

Cher prince, dont je n'ose, en mes plus doux souhaits.

Fier eneor le nom aux murs de ce palais. (Rodog,^ tu, 3.)

Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie

Les secrets de mon ftme et le soin de ma vie? [Cinna , iv 9.)

— SE FIER A SES OREILLES, en croire ses oreilles :

Sa résolution a si peu de pareilles

Qu'à peine je méfie encor d me* oreilles. [Le Cid, iv, 5.)

FIERTÉ. LA FIERTÉ d'un voeo , pour signifier im vœu ambitieux :

La perte de Sylla n'est pas ce que je veux.

Rome attire encor moins la fierté de mes vœux. {Sert., iv, 2.)

— FIERTÉ, avec le pluriel :

Ahl si non plus que vous je n'ai point le cœur bas,

lios fiertés pour cela ne se ressemblent pas. {Attila, in, 4.)

.... nos fiertés se ressemblent si bien. Que si la ressemblance est par où l'on s'entr'aime, J'ai lieu de vous aimer comme un autre moi-même. <IM.)

D'où natiroit cet amour, quand je vois en tous lieux De plus digaM fiertés qui me ressemblent mieux? (/Md.)

Cet emploi, très-fréquent au dix-septième siècle, se retrouve jusqu'à nos jours :

L'humilité corrigera vos jugements désavantageux et téméraires, vos railleries et vos médisances, vos vaines complaisances et \os fiertés. (Rouan., Fanég. de S. Franc, de Paule, i.) — S'étudiant à ménager un mari jaloux ; soustenant chaque jour toutes les fiertés d'une humeur vaine et impérieuse, tous les caprices d'un esprit volage et bizarre, les emportements d'un naturel dur et farouche. (Ceaiiur.,

FIGURER. dH

S^iH. tur lejugem, dem., n.)— Exempt des mortificationa de Tobéissance et des Jleriéi An commaDdement par le sentiment de son immortalité, il porte une âne 4gale par tout. (Abbadib, Art de te eoim,, ii, 6.)

Car son cœur, qui de Jour en jour

Sembloit ne respirer que haine,

En secret sonpiroit d'amour.

De \k ses fiertés implacables. (Hamilt., Le nélier, l,)

Ne voyant plus de tètes couronnées , elle fut obligée d'épouser le duc de Neu-

bourg ; mais elle le traita avec des fiertés inconcevables. (Rsonard, Voyage d'Allem.)

— Je ne reçois de vous que des mépris et des fiertés pour récompense de mon

amour. (H** ds Yillbd., Mém, du Sérail, v.)

De même, chez des écrivains contemporains de diverse valeur :

C'était une des ferlés du peuple- romain de délester, de mépriser, d*humilier les rots. (CHA3IPA0NT, Les Césars, Calig., $ viii, l.)--Il cherche à copier quelquesaneg des fiertés simples et grandes de M. Guizot, et ce n'est qu'un surcroît d'enflure. (L. Vbuillot, HéL, 12 janv. 1849.)

Et pour quelques dessins que vantaient mes convives, Je suis peintre, disais-je, en mes fiertés naïves.

(PoNSARDy V Honneur eitargen(, iv, 6.}

FIGURER, suivi d'un adjectif, représenter comme :

L'impétueuse ardeur d'un courage sensible

A vos ressentiments ySyure tout possible. {.lÊéd., i, 5.)

On dit d'une manière analogue, figurer quelqu'un y le représenter, le peindre :

La vaniére me parut fort jolie, et avec plus d'embonpoint qu'on ne me Vavoit Jlgurée. (Haucb., Mém., ch. zx,2* fasc.)~Les hommes, le figurant toujours à leur mode, en ont fait tantôt un profond génie, tantôt un petit charlatan. (J.-J. Rouss., Rousseau juge de J,-J; 2* dial.)

— FIGURÉ , participe passé, représenté :

Mais pourrois-je vous dire à quelle impatience,

A quels frémissements, à quelle violence,

Ces indignes trépas, quoique mal>Sytir^,

Ont porté les esprits de tous nos conjurés? {Ciuna, i, 3.)

— SE FIGURER, en parlant de mots, de discours, se présenter

à Tesprit des autres, se laisser voir sous tel ou tel aspect :

Nous ne pouvons souffrir qu'ils (les héros) meurent en repos.

Cependant cet exil, ces retraites paisibles,

Cet unique souhait d'y terminer leurs jours.

Sont des mots bien choisis à remplir leurs discours.

Ils ont toujours leur grâce, ils sont toujours plausibles,

Mais ils né sont pas vrais toujours, Et souvent des périls, ou cachés, ou visibles. Forcent notre prudence à nous mieux assurer

Qu'ils ne veulent m /S</iir«r. {Agés., ni, 1.)

Cette phrase est obscure, et cet emploi singulier.

342 FILS. — FINISSBHENT.

FILS. BEAU FILS , dans le sens déjeune homme élégant, modifié I

par un adverbe : I

Autrefois en mon temps !

D'anMi beaux fiU qne vous étoient assez contents, | Et croyoient de leur peine avoir trop de salaire,

Quand je quiltois an peu mon dédain ordinaire. (MiL^ t, ?•> I

FIN, subst. AUX FINS DE, en termes de droit :

Elisant, aux fhu de la présente opposition, son domicile en la maison et personne de nfattre Charles Tcard, avocat an privé conseil de Sa Majesté, (il If* Cà. Yeard, avocat au privé eotueildeS, M.)

FINANCER, V. act., verser de l'argent :

Il ^ otts supplie de considérer qne ledit office fait la moitié du sien qui est d'aoeienn«« création, et, à ces causes, d'être reçu & l'offre du fait de rembourser ledit Hays (le ce qu'il aura financé en voê coffres, {Au roi et à no$ seîj de ê<m comeiL)

FINIR, mettre fin à, avec un nom de chose pour sujet :

La paix finit la haine, (Rod. , i, 6.)

Cette expression a déplu au commentateur de Corneille : c La haine finit, on ne la finit pas, > ditril. L'observation parait un peu subtile. La paix met fin aux haines, ne présente-t-il pas une idée juste et claire , et le vers de Corneille dit-il autre choset

On trouve encore chez notre poète :

Et ce soir deslioé pour la cérémonie

Fera voir pleinement si nui haine est finie. (And., iv, L)

Racine a dit finir sa haine, pour signifier mettre fin à sa propre haine :

Malgré lui-même enfin je l'ai cm magnanime.

Ah ! s'il l'éloit assez pour nous laisser du moins

Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins,

Et qae, finissant là sa haine et nos miséies,

Il ne séparât point des dépouilles si chères ! {Ândnmt,, m, 0.)

Corneille a encore dit finir une crainte^ pour signifier mettre fin à une crainte :

Je vous rends Aristie, et>Sitû eeue crainte

Dont votre Ame tantôt se montroit trop atteinte. {Seri.y v, 6.)

— AVANT CE JOUR FINI, avant la fin de ce jour :

Et l'on verra peut«ètre avant ce jour fini

Ma passion vengée et votre orgueil puni. [Méd.^ ii, 8.)

FINISSEMENT, extrémité, en parlant de décorations :

Les frises, les festons, les cornichfs et les chapiteaux sont pareillement d*or.

Page 1