‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 286 sur 389 · FORT · texte numérisé non relu

FORT

Cette locutiou se trouve, au dix-septième siècle, variée de diverses autres manières aussi excellentes :

Qaoique son éraditioo soit universelle , son fort éioU particaiiérement «loat U connoissance des affaires de FËglise, de sa discipline , de son histoire. (Pbul, ffonifii. ilL, Lamoignon.) — Je m'arrête à Cnuique fort des dogmatistes, qui eu que.... (Pasc, Pem., éd. Louandre, c. x.)~ Écoutons encore un raisonnement où l'auteur de la réponse a mis son fort, ( Boss. , Fragm. wr div, mat. de eomù: , 4« fragm., iv.) — 11 met U fort de la justification de sa morale dtau une alternative qui est réfutée comme une erreur par tons les théologiens de sa communion. (Aa- NAULD, OEuvr. , t. 1, p. 683.) — Vous mlus tout Ufort de vos répliques à dire et redire partout que.... (Id., Quatre Lett. au P. Mateàr.) ^ Nous inventions des réponses aui objections de l'adversaire, et nous ne songeons à lui que pour trouver le défaut de ses opinions : d'où il arrive que nous sommes plus instruits de ce que nous appelons nos bonnes intentions , que de celles ok jl met U fort de sa cause. (BAYLt, Comment, philos,^ iv, 2.)

FORT, adj. se faire fort de :

Le roi, s'il s*en fait fort, pourroit s'en trouver mal. (iVicom., ut, i.;

« Se faire fort de quelque chose , dit le commentateur, ne peut être employé pour s'en prévaloir ; il signifie : j'en réponds, je prends sur moi l'entreprise, je me flatte d'y réussir. Se faire fort ne peut être employé qu'en prose. »

Voltaire a-t-il bien compris la pensée de Corneille? Nous en doutons. C'est Laodice, la reine d'Arménie, qui parle à Plaminius, et voici le raisonnement qu'elle lui fait :

Je vois sur la frontière une puissante armée, Comme vous l'avez dit, à vaincre accoutumée; Mais par quelle conduite, et sous quel général? Le roi, s'il s'en fait fon, pourroit s'en trouver mal; Et s'il vouioit passer de son pays an nôtre, Je lui conseillerois de s'assurer d'un autre.

Se faire fort veut dire ici, ce nous semble bien , se répoudre à soi-même de.., compter sur...

— DANS LE FORT DES OMBRES, dans le plus épais des ombres :

Pareille a ces éclairs qui dans le fort de* ombres

Poussent un jour qui fuit, et rend les nuils plus sombres.

Tu n'as frappé mes yeux d'un moment de clarté,

Que pour les abtmer dans plus d'obscurité. [Hor., m, 1.)

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