‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 33 sur 389 · ADRESSE · texte numérisé non relu

ADRESSE

— ADRESSE, dans le sens de renseignement. Donner quelque ADRESSE DE QUELQUE CHOSE, donner quelques détails qui mettent sur la voie de quelque chose :

C'est.... je l'aurois nommé mille fois en un jour.... Que ma mémoire ici me fait un mauvais tour! C'est un des bons amis que Philiste eut au monde.... R^ve un peu comme moi, nourrice, et me seconde. LA NOUBRiCB. Donnez-m'en quelquc odresie, {La Veuve, iv, 6.)

Donner quelque adresse^ donner une adresse^ étaient des locutions toutes faites qui s'employaient avec diverses nuances de signification, mais toujours dans le sens de renseignement, instruction :

C'est dans ce d^sir de donner quelque adrene à ceux qui conduisent les âmes, pour connollre les règles saintes e.t ecclésiastiques de la pénitence , que j'ai entrepris de la représenter en cet ouvrage, telle que nous la trouvons établie dans la tradition de l'Ëglise. (Arn., De la Friq. Commun,, préf., p. xix. ) — Voilà toute Vadresse que je puU donner aux autres, et que je prends pour moi-même en une matière où l'on ne sauroit trouver de règle. (Vaugbl., Rem.)

Corneille a encore dit dans le même sens :

Celui (le but) de la poésie dramatique est de plaire, et les régies qu'elle nous pr*»scrit ne sont que des adreues pour en faciliter les moyens au poète. {Mid., a Monsieur P. T. N. G.)

— POUR VOTRE ADRESSE, commc à votrc adresse :

Voici pour votre adresse une assez rude touche. [Le MenL, V, 3.)

— ADRESSE, avec le pluriel dans le sens d'habileté, de moyen habile :

Franchement, c'est-à-dire avec mille rudesses,

Le mépriser, le fuir, et par quelques adresses

Qu'il tâche d'adoucir.... {La PL loy., i, 1.)

On trouve de très-nombreux exemples de cette signification heureuse :

C'est encore ici une des plus subtiles adresses de votre politique, de séparer dans vos écrits les maximes que vous assemblez dans vos avis. (Pasc, Prov., xiii.) ~ Bien remarquer les adresses dont on se sert pour bannir entièrement de l'esprit le souvenir de la mort. (Nicole, Traiié des quatre fins dem. , i, 1.) — Ils se servent de diverses adresses qu'il est utile de découvrir. (Id.. ibid,^ i, 2.) — La vanité a de» adresses ei des ressources infinies. (Id., Cont. des Est., sur Vép. du ly dira, d'après la Peut., vu.) — Où sont ceux qui ont autant de vues, d'ouvertures et dk* adresses pour s'avancer dans la vertu, qu'un ambitieux en a pour réussir dans ses prétentions? (Id., ibid., sur l'ép. du dim. de la Septuag. ) ^ Une de leurs adresses étoit de me faire sans cesse l'éloge du secret. (M"« de Montp. . Mtm., 1637.)— Ce n'est pas que les choses ne soient expliquées par des manières de parler fort modestes et des adresser fort délicates. (D'Aubign. , Prat. du ihédt..

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