ADRESSE. — AFFAIBLIR
n. 1.) — Les Anglois, voyant qu'on prenoUla coutume de les fouiller, eurent recours à de petites adresses pour passer de l'or. (Tavern., Y09. des Indes ^ i. %A
— On ne sait que trop les adresses qui se peuvent souvent trouver dans les esprits les plus ignoranU pour attirer leurs semblables. (Boss.. Var., xi.) — Et par mille adresses les tenoit tous en soupçon l'un de l'autre. (Mézer., Hûl de Fr., Blanche, femme de Louis YIII.) — Cet empereur ( Julien l'Apostat), entre les adresses dont il se servit pour engager ses sujets à l'idolâtrie, s'avisa de faire souiller par des superstitions païennes tous les vivres qu'on eiposoit au marché de Constantinople. (P. Daniel, Entr. de Cléandre ei d'Eudoxe, iv.)
A sa cour, où l'usage a permis les adresses.
On endort ce qu'on hait par de fausses caresses. (Bodrs., Germ.jv. S )
Je crains la politique et ces lâches adreues
Qui savent éluder les plus saintes promesses. (Le Mikrrb, Térie^ i, 2.]
De môme de nos jours :
L'amour de la religion et l'amour de la patrie sauront déjouer ces misérables adressés, (L. Vedillot. HéL, 38 mars 1848.) ~ Toutes les adresses, toutes les audaces, il se les permettait. (Stb-Bkuvb. Causeries du lundi, 7-8 avril 1851.)
— Cet « instinct qui le pousse » , plus convaincant que la logique de l'école , plus habile « que toutes les adresses y v> lui suggère (à Bossuet) des preuves inattendues et saisissantes. (Nisard, Les Grands Sermonnaires franc., I. Rev.àes Deux Mondes, 15 janv. 1857.)
— AVOIR DE l'adresse, eii parlant d'un artifice de théâtre, renfermer quelque chose d'ingénieux :
Il n'y a pas grand artifice à finir un poème , quand celui qui a fait obstacle au dessoin des premiers acteurs, durant quatre actes, en désiste au cinquième, sans aucun événement notable qui l'y oblige. J'en ai parlé au premier discours, et n'y ajouterai rien ici. La machine n'a pas plus d'adresse, quand eUe ne sert qu'à faire descendre un dieu pour accommoder toutes choses , sur le point que les acteurs ne savent plus comment les terminer, (Trois. Disc.)
Dans ce môme ouvrage, Corneille emploie plusieurs fois Texpression, adresse de Vart^ pour les movens et les artifices de l'art.
AFFAIBLIR, activ., affaiblir un état de; l'afifaiblir en lui faisant perdre... :
Cette vieille coutume en ces lieux établie, Sous couleur de punir un injuste attentat, Des meilleurs combattants affaiblit un Siai. (L; Cid^ iv, 5.)
— AFFAIBLIR, ucutr., faiblir, on parlant du talent :
i'affoiblis, ou du moins Us se le persuadent. (Aemerc. au Roi, en 1667.)
On trouve nffmbUr, employé de même neutralement, en parlant de la santcS de la parole, etc., pour s'affaiblir, devenir plus faible :
Tenesis cependant affoiblissoU à vue d'oeil. (Gombkrv., Cyth., 2« p., 1. t.) -