HYMEN. — IDOLE
J'en prendrai seulement deux ou trois pour valets,
Qui viendront à genoux vous rendre mes poulets. {Vlllui, eom,^ ii, 3.)
HYMEN. FAIRE UN HYMEN A UNE FEMME, pouF signifier lui donner un époux :
Je ne demande plus d'où partoit ce dédain,
Quand j'ai voulu vous faire un hymen de ma main. (D. Sane, , iV, 5.}
IDÉE DE L*£SPRiT, invention de Tesprit :
L'autre femme est une pure idée de mon esprit^ mais qui ne laisse pas d'avoir aussi quelque fondement dans l'histoire. [Exam, de Sert,]
— EN IDÉE, le contraire de en réalité :
De pareils lieutenants n'ont des chefs qu'en idéCt
Leur nom retient pour eux l'autorité cédée. (Strt,, m. 9.)
IDOLE, au masculin, d'après le neutre latin idolum :
Et Pison ne sera qu'un idole sacré,
Qu'ils tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré. {Oih., m, l.)
H.* de La Porte disait, en 1580,. dans ses ÉpithèteSy article IDOLE : « On use de cette diction au masc. et fém. » Plus tard, en 4666, Ménage, à propos de Vexpression de Malherbe, p/am/it;e idole [Od., 1. m.), remarquait que l*usage faisait le mot idole du féminin. Il dit encore ailleurs : « Ce mot est du genre féminin, quoique le père Chiflet l'aime mieux masculin. » [Observ. sur la langue franc., i, 74.)
Le célèbre érudit aurait pu citer des exemples de l'emploi d'idole au masculin plus anciens et plus autorisés, tels que ceux-ci :
Brisant les idoles feints
De tes mains.
De leurs dieux tu seras maistre. (Rons., Od,^ m, 4.)
Pensant bien veoir et loiier je ne sçay quoy de beauté qu'il estime estre en s'amie, il ne la voit le plus souvent qu'en peinture, j'entens peinture de fard, ou d'autre telle masque de quoy ne se scavent que trop reparer ses (ces) vieux idoUg revernis à neuf. (Tahueeau, Prem, Dial, du Democritic, 1589.)— Cet idole* (D'Uhfê, Astrie^ i, 11.)
IDOLATRER. — IL. 371
On a dit de même après Corneille :
Jamais idoles quel qa'il fût, N'avait ea cuisine plus grasse...
n voas prend an levier, met en pièces Vidole,
Le trouve rempli d'or. (La Pont., Fabi, viii, 4.)
Le langage rustique, en particulier dans les environs de Paris, fait encore idole masculin.
IDOLATRER, en parlant d'une production littéraire, admirer avec un enthousiasme qui tient de Tidolâtrie :
Mon travail sans appui monte sur le théâtre.
Chacun en liberté l'y blâme ou l'idolâtre, {Exe. à Arisie.)
IL, suivi du relatif yu7, ou de quiconque :
Pour la première fois il me dupe qui veut,
Mais, pour une seconde, t7 m'attrape qui peut. {MiL^ v, 5.)
// sait mal ce qu'il dit, quiconque vous fait croire
Qu'aux feux de Grimoald je trouve quelque gloire. {JPerth. , i, 2.)
// passe pour tyran quiconque s'y fait maître. (Cm., ii, 2.)
« Cet i7, qui était autrefois un tour très-heureux, dit Voltaire, la tyrannie de l'usage l'a aboli. « Il est un tyran celui qui asservit son pays; il est un perfide celui qui manque à sa parole : » on a encore conservé ce tour : « ils sont dangereux ces ennemis du théâtre, ces rigoristes outrés. »
Il est curieux de voir tous les emplois qu*on faisait dans Tancienne langue de cette forme qui , à notre avis , pourrait être quelquefois reprise, surtout en poésie :
// faict mal, qui ne leur complaist. (Villon, Gr. Tett,, Bail, et or., cxxu.) Vous dictes ce que vous voulés, //vous en croira gui vouidra. (Coqdill., Plaid,)
Il est saige qui se scet taire. {Le Débat de la dame et de la bourg,)
Je ne sais pas si vous m'en croyez : mais il n'est pas damné qui ne le croit. (DispiaiBas, JSohv,^ lxviii, éd. LaMonn.)
// vit sans soucy qui n'a rien. {Le Disc, du trép, de Vert Janety 1537.)
//sera bien fin qui me trompera. (Labiv., Le Laq., v.) —Léonard. // n'est sage qui faict tout à sa teste. — Ambroisk. Il n'est sage qui faict tout selon la volonté d'autruy. (Id., La Veuve, i, 3.)
Mon Dieu ! que par ce beau temps-là // est sot qui a maistrel {Corn, de chant,, i, 3.,
// est bien fou qui s'oublie. (C* ns Crakail, Corn, des Prov,, prol.)
// est encore à naistre qui puisse dire avoir veu des livres imprimez par Guttemberg, ou par Mente!, auparavant ou au mesme temps que ceux de Jean Fust. (Naddé, Le Matcuratf p. 177.)