‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 359 sur 389 · ILLUSTRE. — IMBÉCILE · texte numérisé non relu

ILLUSTRE. — IMBÉCILE

Cbacan fait ici-bas la figare qu'il peut,

Ma tante ; et bel esprit^ il ne l'est pas qui veut.

(Mol., te* Fernm. tav., m. ^O //ne se porte héritier qui ne veut. [Coutt. de la prev. et vie, de Paris, 1668, nrt. 816.)

ILLUSTRE, appliqué à soupir :

Corneille, après avoir raconté comment Pompée venait d'être assassiné, sans avoir fait paraître ni faiblesse ni frayeur, termine ainsi son récit :

Et son dernier soupir est un soupir illustre,

Qui, de cette grande âme achevant les destins.

Etale tout Pompée aux yeux des assassins.. {Pomp,, ii, ^.)

Voltaire dit dans son Commentaire :

« Le mot illustre ne peut convenir à un soupir. De plus, un ioupir n*est-il pas une espèce de gémissement? Achorée vient de dire que Pompée n'a poussé aucun gémissement. Et comment un soupir peut-il étaler tout Pompée? Corneille a voulu traduire le seque probat marient de Lucain. Il prouve en mourant quil csi Pompée. Ce peu de mots est vrai, simple et noble, mais un toupir illustre n'est pas tolérable. »

Le célèbre écrivain commet ici plusieurs méprises qui out droit d* étonner. Il paraît ignorer ce que signifie en poésie Vexpression de dernier soupir, et il la confond avec le gémissement. Son defmier soupir est un soupir illustre, veut dire : Son dernier moment, sa mort, fut illustre comme sa vie; et Texpression est juste autant qu'elle est forte.

IMBÉCILE, faible, suivant Tétymologie latine :

Le sang a peu de droits dans le sexe imbécile.

Mais c'est un grand prétexte à troubler une ville. (OKd., i, 4.)

Le célèbre commentateur de Corneille trouve fort impertinent le premier de ces vers, et s'écrie :

« Que vent dire, le sang a peu de droits dans le sexe imbécile? C'est une injure très-déplacée et très-grossière fort mal exprimée. L'auteur entend-il que les femmes ont peu de droits au trône? entend-il que le sang a peu de pouvoir sur leurs cœurs? » -

Que cette phrase laisse à désirer sous le rapport de la clarté, on peut facilement l'admettre; mais assurément Voltaire n*a voulu que plaisanter en prétendant voir une injure très^déplacée et très-grossière dans Texpression le sexe imbécile. Les auteurs les plus graves, et qui avaient le moins coutume d*user de

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