‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 361 sur 389 · IMPARFAIT DU SUBJONCTIF · texte numérisé non relu

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF

sant qu^on peut donner à la préposition à le sens de contre : Immobile contre leurs coups.

IMPARFAIT DU SUBJONCTIF, où nous mettrions le plusque-parfait du subjonctif.

La syntaxe de Corneille est souvent celle du seizième plutôt que celle du dix-septième siècle. Ce caractère archaïque se remarque particulièrement dans la concordance des temps. Ainsi, notre poète emploie souvent l'imparfait du subjonctif pour le plus-que-parfait. Il dit pô^ pour eût pu ;

DUT comme eût dû :

Après qae nos exploits l'ont si bien mérilée,

Un mot seul, un souhait dût l'avoir emportée. {La Toit^ ttor, i, 5.)

Hais puisque son dédain au lieu de te guérir

Ranime ton amour qu'il dût faire mourir,

Sers-toi de mon pouvoir, {CiîL, u, A.)

On trouve dès les temps anciens de la langue cet emploi de l'imparfait du subjonctif pour le plus-que-parfait , et il s'est soutenu très-longtemps :

Nulle eaue ne la peutt noyer, ne feu ardoir, ne glaive, ne aultre chose blescier ; nulle chose ne luy peuii nuire , ne fayre couroucier. ( Le Livre du ehev. de La Tour, c. zxxix.)

C'est-à-dire ne Yeût pu noyer, ne lui eût pu nuire.

Mon père et ma mère me cuiderent marier i lui ; mes James je ne le feUse, (iM Quime Joyet de mariage^ la quinte joye.)

C'est-à-dire jamais je ne Yeusse fait.

Qui lors cognut mon extrême tourment,

Bien eust le cœur rempli d'inimitié,

Si ma douleur nel'eust meu à pitié. (Cl. Harot, Le Temple de Cupido,)

C'est-à-dire eût eu le cœur.

Voyez par qui, seigneur, ce crime est supposé.

Vous l'apprenez d'un traître, à qui le nom de père

Dût rendre pour son père le secret nécessaire. (T. CoRir., Pgrrh., v, 4.)

C'est-à-dire eût dû rendre.

Cet ancien usage s'explique par ce fait que notre imparfait du subjonctif a été formé du plus-que-parfait latin.

— L'imparfait du subjonctif s'employait aussi fréquemment pour le conditionnel :

Et toutes vous dussiez prendre en un jeu si doux. Comme même plaisir, même intérêt que nous.

(G/if., V, 8, l"** éd. jusqu'à 1644 inclus.)

IMPATIENT. — IMPLEXE. 375

Je soi vostre om, ne deQsêit

Ensi mètre vos à mes pies. (Vie du page Grégoire te Grand, p. 15.)

C'est-à-dire vous ne devriez.

Et je vous dis de plas, si vous me maltraitez,

Que nos parents sçauront toutes vos veritez.

Toos deuMtex avoir honte... (BoisaoB., La Folle Gageure^ m, 4.)

C'est-à-dire vous devriez avoir honte.

— Pour Vimparfait de l'indicatif:

Tu croyois que son cœur n'eâi point d'autres atteintes,

Que son esprit entier se conservoit à moi. [La Gai, du Pal.y iv, 4.)

C'est-à-dire tu croyais que son cœur n'avait point....

On trouve entre autres exemples qu'il serait aisé de multiplier :

Car il est certain, si tu jutset

Homme de bien, et que tu n'eusseê

Quelque marque ou mauvais renom.

Tu ne craindrois dire ton nom. (Cl. Mahot, Êpiti, à celUqui tinj, , etc)

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