‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 363 sur 389 · IMPORTUNER. — IMPOSER · texte numérisé non relu

IMPORTUNER. — IMPOSER

porte qu'on dise que vods Tavez fait tuer?— Victoirb. Gomment! il imporu de ma ▼ie et de mon honneur. (Id., Le Fid,, iv, 18.)

De même, avec un régime indirect :

J'ai esté adverty que voas aviei envie de parler à moy pour une chose qui ne m'impoTie rien moins que de la vie. (Toornebu, Lee Comens, v, 6.) — L'on pouvoit reprocher à Fernand, avec beaucoup de justice, qu'il savoit mal garder ses places, de négliger ainsi les bons avis qui lui étoient donnés, et de prendre le parti le moins assuré dans une nouvelle qui ne lui importait pas moins que de sa mine. (Sent, de l'Acad. eur le Cid.) — D'où vient donc qu'il auroit attendu si tard à donner un avis qui importait à son roi de la conservation de sa vie? (Arn., Àpol, pour ies cathàl., i, 21.) — Connoissant que... mon affaire de France n'étoit pas de celles qui se terminent en un mois, et qu'elle m'y arréteroit longtemps; considérant aussi qu'elle m'impartait de cinquante mille écus, je me résolus... (BassoMP., Mém. j I.) — 11 avoit, disoit-il, un procès qui lui importait de dix mille francs. (Rborard, Voyage de Pologne.)

Importer^ dans ce sens, se trouve aussi suivi immédiatement du régime :

J'ay encores mieux recogneu, estant sur le lieu, que ma venue n'importait rien moins que la conservation de ceste armée à mon service. [Lett, miês, de Henri îVy t. m, p. 832.)

Nous signalerons encore cet emploi remarquable :

Tay-toy, car tes discours me pourroient importer.

Si quelqu'un par hazard nousvenoit escouter. (Vbronn., VImpuist.f i, 2.)

— Impers, ne m'importe pas, comme i7 ne m'importe pas :

Epousez, ou Didyme, ou Gléante, ou quelqu'autre,

Ne m'importe pas qui, mon choix suivra le vôtre. {Théod., ii, 4.)

IMPORTUNER DE (un infinit.), presser avec importunité de :

Aussi ne pensez pas que je vous importune

De payer mon amour ou de voir ma fortune. [Théod., iii, 8.)

IMPOSER QUELQUE CHOSE A QUELQU'UN, le lui faire croire mensongèrement :

Mais quoi qu'd ces mutins elle puisse impoier,

Demain ils la verront mourir, ou t'épouser. (Biracl.^ i, 3.)

Qui t'a broillé en la cervelle

Ce mensonge et bourde nouvelle

Qu'à Sagon tu veulx imposer ?

(Matt. de BouTiom, Le Rabais du caquet de Marot,)

Molière dit dans le même sens, sans régime indirect :

Faites-moi pis encor, tuez-moi si j'impose

En tout ce que j'ai dit ici la moindre chose, {Le Dépit amour., i, 4.)

— IMPOSER, mentir, pour en imposer, comme le latin imponere :

Pour me faire eroire ignorant, vous avez t&ché d'impoMr aux simples. (Leti. apohy.)

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