‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 364 sur 389 · IMPOURVU. — IMPRESSION · texte numérisé non relu

IMPOURVU. — IMPRESSION

Le dix-septième siècle, comme le seizième et Tépoque antérieure , ne connaissait pas la distinction établie depuis une centaine d* années par les grammairiens entre imposer^ commettre une imposture, mentir, ei en imposer^ inspirer du respect, de l'admiration, de la crainte :

Nous mettant seulement en butte d'endoctriner nostre peuple, et non de lui impoier, (Pasq., Leiu, i, 2.) — Ceux qui vous applaudissent, ceux qui affectent de vous louer, ceux qui vous appellent heureux, beaucoup plus ceux qui vous appellent parfaits, vous imposent et abusent de votre crédulité. ( Bourd., Serm. pour le 4* dim. après Pâq., ii.)

De même, sans régime indirect de personne :

Pendant que la vérité est contredite , l'hérésie lève la tôte, impose et triomphe. (Vin., Lett.^ au P. Le Tell., 22 juill. 1712.)

Molière emploie souvent imposet* avec le sens de mentir. Voir le Lexique de M. Génin.

L'estimable auteur des Variations du langage fronçais est peutêtre trop sévère, dans le cas présent, à Tégard des grammairiens. La distinction qu*ils ont établie entre imposer et en imposer tourne à l'avantage de la clarté du sens. Les Latins disaient, il est vrai , imponere pour mentir, mais ce verbe ne pouvait jamais signifier inspirer du respect , de l'admiration , de la crainte.

IMPOURVU, pour imprévu :

Sans doute il m'aura vue , Et c'est de là que vient cette fuite impourvue. {MiL, ii, 8, édit. 1633*)

A partir de l'édition de 1 644, Corneille mit imprévu :

Et depuis sa prison, ce que vous avez vu,

Son adultère amour, son trépas imprévu, {Vlllus. corn., v, 5, l'* éd.)

Impourvuj dont les auteurs du quinzième et du seizième siècle offrent de très-fréquents exemples, comme Villon, Test., p. 7; Pasq. , Jlech.f 1. viii; Tahureau, Second Dialogue du Democritic; D'Urfé, Astr.^h ^2, s'est dit encore après l'époque des premières pièces de Corneille :

L'AIviane, général des Vénitiens, survint, quïàtimpourvH les chargea en queue. (MizBB., UisL de France^ 1. vi.)

IMPRESSION, édition:

Quand elle voit son frère mettre l'épée à la main , la frayeur si naturelle an sexe lui doit faire prendre la fuite, et recevoir le coup derrière le thé&tre, comme je le marque dans cette impression. [Exam, d^ Horace.) — Le seul Surius, ou plutôt Hosander, qui l'a augmenté dans les dernières impressions, en rapporte la mort assez au long sur le neuvième de janvier. {Poiyeucle, Abr. du mart. de S. Pol.)

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