‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 64 sur 389 · ASSURER · texte numérisé non relu

ASSURER

— s'assurer sur, établir sa confiance, faire fond sur :

Mais ne t'assure point sur ta haute science. {tmit., i, 7.)

. .. Assurei'vout sur ma fidélilé (Rod„ i, 7.)

On trouve exactement de môme :

S'as8ureA-on sur l'alliance

Qu'a faite la nécessité? (La Font.» Fut., viii, 22.)

J'entends : il vous juroit une amour éternelle. Ne vous assure» point sur ce cœur inconstant; Car à d'autres qu'à vous lien juroit autant. (Rac, Phèdre, v, 3.)

Néron m'apprend par votre voix (ju'en vain B ri lann icus a*a«itfre sur mon choix. (Id., Britann , i. 2.)

11 ne lui parte plus avec cette douce familiarité , avec cette conGance d'un fils unique, qui s'assure sur la bonté de son père. (Boss., 1*' Serm. pour te vendredi «atnl, I.) — Puis-je rn assurer sur moi-même? (Id., Médit, sur VÉvang., Lxxii» jour, la Cène, S* p.)

— ASSURER, rassurer, tranquilliser :

Votre robe a fait peur, et, sur Nise éprouvée,

En dépit des soupçons, sans péril s'est tromée;

Et cette épreuve a su si bien les assurer^

Qu'incontinent Creuse a voulu s'en parer. [Méd , v. 1 .)

Et tâchons ù'assurer la reine qui te craint. (iVicom., iv, 3.)

« Le mot d'ûswirer, dit Tautêur du Commentaire^ n*est pas français ici ; il faut de rassurer. On assure une vérité ; on rassure une âme intimidée. »

Malgré la décision tranchée de Voltaire, assurer^ signifiant rassurer, tranquilliser, était d*un emploi général au dix-septième siècle :

0 bonté qui m'assure autant qu'elle m'honore I (Rac, EsUur, ii, 7 )

Occupé seulement de Tâpre jalousie.

Rien ne peut l'assurer; de tout il se défie. (La Font., te Florentin, se. i.)

Un tel garant n'assure point mon &me. (Id., /'£uii., iv, 1.)

Quajid vous m'avez exposé les choses, mon silence même vous assure, ( Boss , £€0., àU sœur Gomuau, 10 mars 3688.) ~ Je ne vois point sur quoi un ecclésiastique, qui amasse des biens considérables des revenus de ses bénéfices, ou des rétributions de ses sermons peut assurer sa conscience, puisque les auteurs mèoiea qui ont le plus travaillé à favoriser la cupidité des hommes ont été contraints de reconnottre qu'il est en état de péché mortel de retenir pour soi ce qu*aa moins, par un' droit indispensable de la charité, il étoit obligé de donner aox pauvres. (Arn., CEuv,^ 1. 1, p. 706.)

De même avec le pronom personnel :

Mes nymphes pâles et craintives A peine s'atsurm^nt dans le sein de mes eaux.

(Rac, La Nymphe de la Seine à la Heine.)

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