‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 70 sur 389 · AUCUN. — AUCUNEMENT · texte numérisé non relu

AUCUN. — AUCUNEMENT

lesquels il avoit intelligence, pour abuser Crassus. (âmtot, Tki, Crassus.}— Ils auiirèrent un messager qui apporta des lettres fausses et supposées à Sertorius . par lesquelles ils feignoient que l'uog de ses lieutenants lui avoit gagné une grosse bataille. (Id., ibid., Sertorius.)

AUCUN, dans le sens premier de quelque^ sans négation :

Pour vous elle renonce à choisir aucun autre. (PuidL, iii, 4.]

— AUCUNE CHOSE, quelque choscy ou rien, dans la signification positive :

Et si l'un par bonheur à Galba vous proposç ,

Ce n'est pas qu'après tout j'en sache aucune chose» (OiA., i, 1.)

— AUCUNS, pour auewn.*

Aucuns ordres ni soins n'ont pu le secourir. ( Pomp,^ v, &.)

Lorsque tu te verras ces privautés permises, Tu pourras t'assarer que nos conteutements Ne redouteront plus aucuns empêchements.

{CUL, v, 3, !"• éd. jusqu'à 3644 inclus.} Mais l'honneur de vous voir que vous me permettez, Fait que je n'y remarque aucunes raretés. {La Veuve, i, 5.)

Vous ne lui disiez pas que son amour vous charme? Qu'aucuns feux à vos feux ne peuvent s'égaler? {La suite du MenL, iy,6.) Il ravage , il désole et nos champs et nos villes ,

Et contre sa fureur il n'est aucuns asiles. {Androm., i, 1.)

Cependant son espoir à mon trône attaché,

Par aucuns de nos soins n'en peut être arraché! {Perth,, ii, 3.)

J'étois auprès de lui, sans aucunes alarmes. {GEd., y, 9)

Et quand nous n'en craindrons aucuns ordres sinistres, Nous périrons par ceux de ses lâches ministres. (5tri., iv, 3.)

Non que pour moi sans vous ce trône eûi aucuns charmes. (OiA., iv. 1 )

N'épargnez hautbois ni trompettes, Pour lui faire à l'envi des concerts plus charmants : Employez-y clairons, harpes, luths, épinettes.

N'oubliez aucuns instruments. * {Trad, du Ps. cl.)

Le singulier serait aujourd'hui de rigueur; le pluriel employé par Corneille ne viendrait même pas à la pensée. On le rencontre quelquefois au dix-septième siècle en prose comme en vers, et Ton en trouve encore de rares exemples au dix-huitième siècle :

.... Hais si, pour être sage, U failoit contracter une humeur si sauvage,

La sagesse à mes yeux n'auroit aucuns appas. (Dest., Les Phii, am., i^S.) Que le cœur par les sens ne goûte uucuns plarsirs Qui puissent pleinement contenter ses désirs. * (Id., ibUi,)

AUCUNEMENT, en quelque chose :

L'Académie dit qu'il s'employait sans négation en style de

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