‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 69 sur 389 · ATTENTAT. —ATTENTE · texte numérisé non relu

ATTENTAT. —ATTENTE

(Id., ibid,^ m, 9.) — Aa point da jour^ le roy mon mari dit qu'il vonloit aller ' jouer à la paume, attendant que le roy Charles fust éveillé. (Mabg. db Val.,

Mém j 1573.) — Pour {^aigner temps , attendant que leurs forces peussent estre

prestes. {Lett. mUs, de Henri IV, t. iir, p. 83.)— Attendant gu'on nous apportas! à I desjeuner, nous achevions, Clitiphon et moy, de rapaiser la fougue de nostre

nouveau soldat. (Tuboph. , Frag, d'une hùt, cùm,^ iv.) Attendant que ton fils, instruit par ta vaillance, ^ Dessous tes étendards sortant de son enfance,

I Plus fortuné que toi, mais non pas plus vaillant,

I Aille les Ottomans jusqu'au Caire assaillant. (Régnibb, Epist., i.)

I Je me suis dans le bois arrêté pour lui rendre

I Le dernier* des devoirs, en recueillant sa cendre,

I Attendant qu'en ce temple un tombeau plus pompeux

I Reçoive avec honneur ce dépôt douloureux. (Le Mier., Tér„ ii, î.)

I Qu'on rôte de mes yeux, attendant que ma haine

I Par l'arrôt qu'il mérite ait résolu sa peine. (Th. Corn., liarius, v, 3.)

\ Attendant qu'en ces lieux j'obtienne une couronne,

I II m'est doux que l'amour par vos mains me la donne.

I (Id., Persée et Démétr,, v, 3.)

Voyez notre article participe présent employé pour le gérondif.

ATTENTAT, faire un attent.\t sur, en parlant d'une chose morale, entreprendre sur :

Tout son peuple a des yeux pour voir quel attentat

Font sur le bien public les maximes d'Etat. [Nkom., m, S.)

Et leur guerre est trop juste, après cet attentat

Qne fait 9ur leur grandeur un tel crime d'État. {Ibid,, v. 1.)

Et la foi qui ne tient qu'à la raison d'fitat.

Souvent n'est qu'un devoir qui gêne, tyrannise.

Et fait xur tout le cœur un aecret attentat, [Agés., m, 3.)

Le frère du grand poëtaa dit par imitation :

Je sais que plus le rang approche des couronnes,

Plus sa fiére grandeur asservit nos personnes :

Mais je ne sais pas moins quel injuste attentat

Foifi souvent tur nos cœurs ces maximes d'Etat. (T. Corn., Hajctm.. ii, 2.)

ATTENTE , avec le pluriel :

Scipion vient, seigneur, d'arriver dans vos tentes.

Ravi du grand succès qui prévient ses attentes, {SopUon., iv, |.)

— l'attente du repentir, l'espoir du repentir :

Rien ne t'en sauruit garantir;

Et la foudre qui va partir, ""

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par V attente du repentir» ^p^i ^ ly^ 9 |

ArrENTER. — ATTITRÉ. 69

ATTENTER jusqu'à (un infinitif), porter ses attentats jusqu'à:

Mais si vout aliéniez jusqu'à me commander,

Jnsqa'à prendre sur moi quelque pouvoir de maître,

Je me souviendrai lors de ce que je dois être. [CEd., i, 4 )

— ATTENTER A, suivi d'uu infinitif, tenter, essayer présomp-

tueusement, témérairement de :

Et je serais coupable autant comme indiscret,

Moi qui ne suis que terre et fange, Watienier à comprendre un si profond secret. (Imii,, iv. 4.)

Les yeux m^me de tout un monde ,

En un seul regard assemblés.

De tant de lumière aveuglés

Renlreroient sous la nuit profonde :

Ils ne pourroient pas subsister

S'ils aiientoient à supporter

Des clartés si hors de mesure. (Ibid,, c. xi.)

— ATTENTER, employé activement, entreprendre quelque chose d'audacieux :

Un désespéré qui peut tout atienitr. (Po/., m, 1.)

Et si ma main pour vous n^avoU tout anenté.

L'effet de cet amour vous auroil tout coûté. {Rodog,, ii, 3.)

Ce ne sont que deux criminels , qui cherchent à éviter la punition de leurs crimes, et dont même le premier en attente de plus grands pour mettre à cou- >erl les antres. {Exam, de Ctit.y

On trouve jusqu'au dix-huitième siècle des exemples de cet emploi si naturel et si nécessaire de attenter actif :

Il ne permettra ny commandera à l'ad venir qu'il aoit attempti et entrepris contre vous, tant en général qu'en particulier, chose qui vous soit désagréable. {Lett. mist. de Henri IV, t. v, p. 210.)— Qu'y aura-t-il désormais que les hommes ne veuillent savoir? et que n'attentera pas leur témérité? (Boss., IV* 5enn. pour le prem. dim, de car, , lu. ) — Tout droit doit venir de l'autorité publique, sans qu'il soit permis d.e rien envahir, ni de rien attenter par la force. (Po/ii., 1. 1, art. 3.) Ëgisthe, contre toi qu'avoiu-nous attenté? (Volt., Oreste, iv, 7.)

ATTIÉDIR, fig., comme refroidir :

Nous laissons attiédir son impuissante ardeur. (Imit., i, 11.)

Mais encore une fois souffrez que je vous die

Qu'une si juste ardeur devroit être attiédit, {Cin,^ i, 2.)

•ATTITRÉ. UN HOMME ATTITRÉ, un homme aposté, un homme payé pour jouer un certain rôle, à peu près comme on dit un trmoin attitré :

Q%oi , je passe à tes yeux pour un homme attitré ! ( Penh., i ii , 4.)

On trouve d'une manière analogue :

Il avoit eeté lors pratiqué et attitré par les capitaines du roi des Parthes, avec

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