‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 72 sur 389 · AUPARAVANT. — AUPRÈS · texte numérisé non relu

AUPARAVANT. — AUPRÈS

— AUCUNEMENT, chez Corneille, équivaut parfois -k peut-être :

TIBCI8. J'aimerois beaacoop mieux savoir ce qui se passe,

Et la part qu'a Tircis en votre bonne giàce. ■ÉUTB. Meilleure aucunement qu'Ëraste ne voudroil. {lUét, , ii, 8.)

€ Aucunement, dit Voltaire, est un terme de loi qui ne doit jamais entrer dans un vers. » [Remarq. sur Rodog. , m , 4.) L'Académie, nous Favons vu, a sanctifié Farrôt du commentateur de Corneille.

AUPARAVANT que, employé comme locution conjonctive, et d'une manière elliptique, avec un régime :

Et déjà dans Tespril je scntois quelque ennui

D'avoir connu Lysandre auparavant que lui. {La GaU du PaL, n.)

Vous me fûtes promise aupai avant qu'à lui. {Soph,, n, 2.)

Et l'eût mise en état, malgré tout son appui,

De se plaindre à Pompée auparavant qu'k lui. [Pomp,, ni, 4.)

« Auparavant qu'à lui » n'est pas français, dit Voltaire. Cet adverbe absolu n'admet aucune relation, aucun régime. Il faut « avant qu'à lui. » Il fallait dire : n'est plus français; car auparavant a été préposition :

Je l'estimai jadis, ot je Taîme et Testime

Plus que je ne faisois auparavant son crime. {Méi. , iv, S )

Défendons à tous nos juges avoir aucun esgard aux provisions par devoints, soient apostoliques ou autres quelconques, auparavant la déclaration d'incapacité. (Estais (tOrL, louchant les ecclésiast., art. iv.) — Nous avions auparavant la réception de vos lettres, dcpesché et faict partir nostre cousin le duc de Longueville. (Leu. mut. de Henri /F, 4 mars 1594, t. iv, p. 105.) — L'année d'auporavont sa mort, n'ayant point d'enfants, il (Adrien) adopta un Cejonius Commodus, auquel il donna le nom de Lucius ^lius Verus. (BIbzbr., Uist. de Fr. av, Clopit, II» 9.)— Tout ce qui se dit ou se fait auparavant son arrivée. (D'Acb., Prat, du ihAH,, IV, 1.)

On l'a employé aussi comme locution prépositive, et l'on a dit auparavant de, pour avant de :

Mais auparavant d'entrer dans ce détail, il est à propos.... (Troie. Factumpowr Am, Fureiitrc contre VA Cad., !'• p.)

Aujourd'hui auparavant est toujours adverbe. AUPRÈS, avec un régime, sans de :

LTSAifORK «e reiiratii (f auprès les boutiques, [La GaL du Pal., i, 7.)

Auprès s'est ainsi longtemps employé sans de, comme on emploie encore près dans le style. familier :

On ne cognoist aujourd'buy le gentilhomme auprès ie savetier, tant chacan est

AUSSI. — AUTANT. 7a

maiPtenani brave. (Larit., Le Laq.. m, 3.} — Un pasteur frais et en parfaite saoté, ea linge fin et en point de Venise , a sa place dans l'œuvre , auprhi le» pourpres et les foarmres. (La Brut., Caract., De quelq. usag.)

AUSSI, dans la signification de pareillement, de même, employé dans le style élevé avant le verbe : .

Mais ils sont innocents; autti l'étoit mon frère.

Us sont trop criminels d*avoir Jason pour père. {^léd., v, 2.)

Cette inversion était fréquente en toute sorte de style, au seizième et au dix-septième siècle :

S'il avoit qaelqnes imperfections, auai avez-vons, aussi avons-nous. (Rab., m, Prol.) — Les enfants ont peur de leurs amis mêmes quand ils les voient masqués; aiiMÎ avons-nous. (Mont., Ess. i, 19.) — Tout ainsi que ce siècle produisit plusieurs gens doctes, aussi se réveilla la dévotion des supérieurs de l'Eglise ei\ faveur des bonnes lettres. (Paso , Rich., m, 39.) — Comme la mode fait l'agrémenl, aussi fait-elle la justice. (Paso , Pens,, éd. Louandre, vu, 5.) — Les chrétiens communioient souvent; oiun fatsoient les moines pour la plupart. (Flbcrt, Uaitrt des chriL, un.) — Est-ce qu'il ne le peut, ou qu'il ne le veut pas? Si c'est impuissance, il n'est pas Dieu, aussi peu l'est-il si c'est insensibilité. (Booao., Serin, pour le A* dim, de CKpiph.)

— AUSSI, employé comme non plus, dans une phrase négative :

Se relever plus forts, plus ils sont abattus.

N'est pasauMi l'effet des communes vertus. {Polyeucte, v, 6.)

Nous ne répéterons pas ce qui a été dit sur cet emploi dans le Lexique de Molière de M. Génin. Nous nous contenterons de quelques nouveaux exemples dont le dernier montre que cette manière de parler se retrouve jusqu*à la fin du dix-huitième siècle : .

Le peu d'estime qu'on fait de mes esprits, et les médisances contre une réputation de si peu d'importance, sont des outrages qui ne me nuisent guère, et qui ne m'affligent pas aussi beaucuup. (Théoph., OEuvr,, 2" p., au lect.) —Il mo reste seulement à examiner de quelle façon j'ai acquis cette idée : car je ne l'ai pas reçue par les sens, et jamais elle ne s'est offerte à moi contre mon attente , ainsi que font d'ordinaire les idées des choses sensibles , lorsque ces choses so présentent ou semblent se présenter aux organes extérieurs des sens. Elle n'est pas aussi nn^ pure production ou Action démon esprit. (Desc, MédiL lir.) — Je ae répondis rien ni l'officier aussi ^ et nous rejoignîmes notre cavalerie une heure après, ne songeant à rien moins qu'à cela. (Busst, Mém„ 1646.) — Et moi aussi je ne crois pas les moyens de M. Necker les meilleurs possibles; mais le ciel me préserve, dans une situation si critique, d'opposer les miens aux siens. (MiiUB., Dise, sur la Contrià. du quari.)

AUTANT. ÊTRE AUTANT QUE, être la même chose, signifier la même chose que :

Puisque Cid en leur langue est autant que Seigneur,

Je De t'envieiai pas ce beau titre d'honneur. {Le Cid, iv, 5.;

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