‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 82 sur 389 · BAISSER. — BALANCER · texte numérisé non relu

BAISSER. — BALANCER

Ils lisent les premiers les lettres qu'on lui baille. (Racar, Berg., ii.) Nous croyons inutile de multiplier ces exemples. Segrais nous fait connaître à quelle occasion le mot bailler cessa d'être employé dans le monde élégant :

«Un Gascon demanda on jour dans une compagnie : Qui est-ce qui baille le bal? uu lieu de dire : Qui est-^e qui donne le bal? Depuis ce temps-là l'on a banni le mot de bailler, qui avait plus de cinq cents ans de bourgooisie.v {Segraisiana, Paris, 1721. p. 75.)

— BAILLER A QUELQU*UN A RAMENER, Confier à quelqu'un pour

(p'il ramène :

Cela lui fait reconnaître Pymanthe pour l'auteur de ces perfidies; et ['ayant baillé à ses veneurs à ramener, il pique â toute bride vers le château. (Argum. de C/i/.)

BAISSER, pour abaisser :

Montons, de grâce, au trône; et de là beaucoup mieu\ Sur le choix d'un époux nous baisserons les yeux. i>OHA LSONOB. Vous les abaissez trop; une secrète flamme

A déjà malgré moi fait ce choix dans voire âme. (O. Sunche, i. 1.)

Celte signification s'est heureusement conservée :

De son trône enflammé qui luit au haut des cieux.

Sur le héros français daigna baisser les yeux. (Volt., Henr., 1.)

Tout cela n*est point connu de ceux qui, chargés de grandes affaires, occupés

du gouvernement dos Etats et du devoir de rendre heureux les hommes, ne peu-

\ent baisser leurs regards sur des querelles et sur de pareils ouvrages. (Id. , Mil,

Huer.)

BALANCE. EMPORTER LA BALANCE SUR, Fcmporter sur :

L'amour sur le respect emporte la balance, {Clit.f ii, 5.)

— ÊTRE EN BALANCE , cu parlant d*un sentiment :

Parlez, je vous dois tant que ma reconnoissance

Ne peut être sans honte un instant en balance. [Sert., i, 2.)

— METTRE EN BALANCE , commc tenir en balance :

Noire longue amitié, l'amour ni l'alliance,

N'ont pu meure un moment mon esprit en baCance. {Hor., ii, 3.)

Cetti'- prévoyance me mil plusieurs fois en balance, si je ne chercherais pas moi-même un asile hors du royaume. (J.-J. Bouss., Confess., xi.)

— RETENIR l'esprit DE gLELQU'UN EN BALANCE :

Voilà ce qui relient mon esprit en balance. [Sert., i, 3.)

BALANCER, v. act., tenir en suspens, faire hésiter :

Si Ton court au grand crime avec avidité, Il eu faut réprimer l'impétuosité^ ,

84 BALANCER. — BANDOLIER.

Avant que les esprits qn'an juste effroi balance

S'y paissent enhardir sur notre nonchalance. {Oih., t, 2.)

— BALANCER ENTRE, tenir flottant entre :

Et quel choix voulez-vous qu'une chrétienne fasse,

Réduite à balancer son esprit agité

£ftire]'idolâtrie etrimpndicité? (Théod., tu, 1.)

Vous avez la mémoire trop bonne Pour avoir oublié que vous me nies roi,

Lorsqu'on balança ma couronne

Entre Léotychide et moi. [Agé9,, m, 1.}

— ÊTRE BALANCÉ, être entratné en sens divers, être tenu en suspens .

Mais à ce peu de mots je crois que sa pensée

Entre vos deux amants n'est pas fort balancée, {Le Od, i, 1)

Et je sens tout mon cœur balancé nuit et jour Entre l'orgueil du diadème

Et ]es doux espoirs de l'amour. {^Çée-t m, 4 )

Celui qui eti balancé par des opinions probables opposées , voit de part et d'autre des raisons considérables qu'il peut suivre. (Nicole, DéeaL, 1« comm.. A* instr., sect. S, c. v.)

BALUSTRE , pour désigner les galeries du théâtre , ou plutAt les personnes qui les occupent :

Ma veine qui charmoit alors tant de balustres.

N'est plus qu'un vieux torrent qn*ont tari douze lustres.

{Au Bot, Mur$ûn retour de Flandre )

BANDE, compagnie, société :

A force de tarder tu m'as mise en souci ;

n est temps, et Daphnis par un page me mande

Que, pour faire servir, on n'attend que ma bande» {Gai, du Pal.^ i. 1].)

Cette expression est donnée, dans une comédie satirique de la seconde moitié du dix-septième siècle, comme étant du style précieux :

A propos d'Oriane, elle dtne chez vous:

J'y dtne aussi, ma chère, et je suis de la bande*

(BouRSAOLT, Le Parti, du Peintre, se. m.)

Bande se trouve encore employé de diverses manières particulières pour compagnie y troupe y comme dans cet exemple :

Il me demanda en grâce de lui faire entendre ma bande de violon», qui était fort bonne. (Mlle db Montpbns., Ifàn., 1651.)

BANDOLIER, le même que bandoulier :

On a vu des Césars, et même des plus braves.

Qui sortoient d'artisans, de bandoUert, d'esclaves. {Atiifa, iv, 3.)

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