‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 81 sur 389 · AYE. — BAILLER · texte numérisé non relu

AYE. — BAILLER

Cest-à-dire : Justifiez vos devins, qui vous ont prédît un si bel

avenir.

AYE, pouraiV, troisième personne du singul. du subjonrt. :

J'ai vu mourir Pompée et ne l'ai pas suivi ;

Et bien que le moyen m'en aye été ravi,

Qu'une pitié cruelle a mes douleurs profondes

Waye 6\é le secours et du fer et des ondes.... (Ponip., tu, 4.}

« Cet aye à la troisième personne, dit Voltaire, est un solécisme

très-commun. On a rais ait dans les dernières éditions. »

AYEUX. GRANDS AVEUX, ancétrcs :

Si vous aviez choisi quelque objet sans éclat,

Uui ne pût être à vous que par raison d'État,

Qui doses grande ayeux n'eût lieu reçu d'aimabla,

Qui n'en eût que le nom qui fût considérable,

U s'est assez puni de son manque de foi,

Me dirois-je, et son cœur n'en est pas moins à moi. [Tueei Bét., iii. 5

BAIGNER (se) a, pour se baigner dans :

Songe aux fleuves de sang où ton bras <*e«i baiyné, [Cin., iv, 3.)

Qu'un frère pour régner se buvjne au sang d'un frère.

Qu'un fils impatient prévient la mort d'un pore? {Sur., v, 3.)

Vengez-vous, baignez-vous au ^ang du criminel ;

Et sur son corps sanglant je vous mène à l'autel. (Volt., Mér. , iv, 2.)

— On trouve d'une manière analogue :

Les Adrians. Trajaus, seroicnt bien de ce rang,

S'ils ne s'esioieitt poilus des fidèles au sang. (D'âod., lYag , m.'

BAILLER, donner:

Py mante lui baille quelque écbappatoire. (C/if., Arg.)

Ce mot était d'un emploi élégant dans la première moitié du dix-septième siècle. Ainsi Malherbe, en prose et en vers, préférait toujours bailltr à donner :

Hier le roi dans sa galerie bailla le bonnet à M. le nonce. (Lefi., a Pctresc, 15 oct. 1615.) — Je vois bien que l'on vous buille de grandes alarmes en ce payslà. {Ibid.^ à Bouille - Malh., 13 août 1615) — Si l'avis a été bailli comme il faut. {Au même, 10 nov. 1620.)

On parle de l'eofer et des maux éternels Baillés en châtiment à ces grands criminels

Dont les fables sont pleines. (Siatic. pour le comte de Soisy., 1623.

Le plus célèbre disciple de Malherbe affectionnait aussi l'emploi de ôailler :

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