‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 84 sur 389 · BASSESSE. — BATIR · texte numérisé non relu

BASSESSE. — BATIR

— ENVOYER TOUT A BAS, jeter tout à terre :

renverrai tout à ba$, puis après od verra. [Gai. du Pal,, iv, 12.)

BASSESSE, condition humble , sans aucune idée de bassesse morale .

Votre grand Marius naquit dans la tastesse. {Sertor., ii, 2.}

Ciel! n'est-ce point ici quelque songe tout plein de gloire dont les dieux me veuillent flatter? et quelque réveil malheureux ne me replongera-t-il point dans la bassesse de ma fortune? (Mol., Les Amants magni/., v, 3.)

— BASSESSE, avec le plur., en parlant de style, d'idées :

La lecture fera prendre mes naïvetés pour des bassesses. (Mil,, au lect.)

BASTANT DE, suivi d'un infinitif, capable de .

Adieu, des raisons de si peu d'importance

N'ont rien qui soit basiant d'ébranler ma constance, (â/^/., i, 6, éd. 1633.)

Aux éditions suivantes. Corneille supprima le vieux mot bastant, et mit:

Ne pourraient en un siècle ébranler ma constance.

Cet emploi se trouve une seconde fois dans une autre comédie de notre poëte :

Me croyei-vous bastant de nuire à votre feu? {L'IUus. com., ii, 7.)

Dans les éditions postérieures à 1 654, Corneille a encore changé ainsi :

Me prenez-vous pour homme à nuire à votre feu?

L'adjectif to^an^ dont l'usage était si fréquent au seizième siècle, a été encore usité longtemps après* Corneille, Saint-Simon en affectionnait l'emploi, comme de tant d'autres mots du siècle. n l'applique souvent aux personnes , et le fait suivre de pour :

Louville, avec M"' de Maintenon, n'était pas bastant pour être de la conférence. (St-Simon, Mém., t. m, ch. 20.) — Outre qu'elle ne voyait et ne savait pas tool, elle n'était ipSL\bastante pour arrêter etgouverner les autres. (Id., ibid.^l, vu, ch . *1. > —Mais que pour ce qui regardait les prétentions romaines et en particulier la proposition touchant l'excommunication, j'avais la prétention de me croire basiasH pour lui dire que ces endroits de la constitution étaient insoutenables. (Id., ibid., t. XI, ch. 6.)

BATIR EN l'air sur, absoL, fonder des espérances vaines sur:

Et, bâtissant en l'air sur le malheur d'autrui,

Aussi bien que mon frère il triomphe de lui. [Hor., iv. 4.)

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