‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 99 sur 389 · BRAVADE. — BRÈCHE · texte numérisé non relu

BRAVADE. — BRÈCHE

— Fig., pour désigner les feux de Tamour :

Son trasier est trop grand, rien ne peut l'amortir. {Im GaL du Pal., i, 9.)

BRAVADE. FAIRE BRAVADE A QUELQU'UN, le bfaver :

Ce béittre insolent méfait encor bravade, [Ulllus. eom„ ii, 8.>

BRAVE HOMME, pour homme brave :

Et noos verrons ainsi qui fait mieux un brave hommCf

Des leçons d'Annibal, ou de celles de Rome. {Nicom., i, 3.)

BRECHE. FAIRE BRÈCHE A LA FOI CONJUGALE, pour signifier la violer :

Qn*un mari les adore, et qu'un amour extrême

A leur bizarre humeur le soumette lui-même.

Qu'il les comble d'honneurs et de bons traitements.

Qu'il ne refuse rien à leurs contentements ;

S'il fait la moindre brèche à la foi conjugale ^

Il n'est point à leur gré de crime qui l'égale. (Llllus, com., v, 3.)

— FAIRE BRÈCHE AU POUVOIR SOUVERAIN , y porter atteinte :

Mais gardeZ'Voùs aussi d'oublier votre faute,

Et, comme elle fait brèche au pouvoir souveruin,

Pour la bien réparer, retouinez dés demain. {Pficom., u, 3.)

« Cette expression faire brèche, dit Voltaire, n'est plus d'usage : ce n'est pas que l'idée ne soit noble; mais en français toutes les fois que le mot faire n'est pas suivi d'un article , il forme ime façon de parler proverbiale trop familière. Faire assaut, faire force de voiles, faire de nécessité vertu, faire ferme, faire brèche, faire halte, etc. ; toutes expressions bannies du vers héroïque. » Ce jugement est d'une rigueur trop scrupuleuse, et l'illustre commentateur n'est pas sufiisamment exact dans la règle gênéi*ale qu'il pose. Ainsi, entre cent exemples, on dit très-bien dans le style élevé :

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