‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 98 sur 389 · UN BRAS SI RENOMMÉ · texte numérisé non relu

UN BRAS SI RENOMMÉ

J'ai vu dans votre amour une source de haine,

Et j'ose dire encor qu'un bras si rettomméf

Peut-être aurait moins fait, si le cœur n'eût aimé. [HéracL, ii. (».;

Cette alliance de mots est marquée par Voltaire d'un point d'exclamation ; Palissot ne s* en scandalise pas tant , et dit avec raison : « En poésie , tout ce qui peut se dire d'une personne peut se dire également de son bras , qui est pris alors pour la personne même : bras renommé n'a donc rien de vicieux, c'est au contraire une de ces figures auxquelles on est tellement accoutumé par l'usage, qu'on ne les remarque plus. »

Corneille dit encore par la môme figure :

Pleure, pleure ce bras qui ta si bien servi.

Pleure ce bon sujet que le mien l'a ravi. (Perth,, v, 5.)

Commandez que son bras nourri dam les alarmes

Réparu cette injure à la pointe des armes. {Le Cid, ii, 6.)

BRASIER, pour parler des feux qui dévorent Creuse après qu'elle a vêtu la robe empoisonnée, don fatal de Médée :

La flamme disparaît, mais l'ardeur leur demeure;

Et leurs habiis charmes, malgré nos vains efforts,

Sont des brasiers secrets attachés à leur corps. ^Méd., v, 1.)

Mais garde de toucher ce misérable corps ;

Ce brasier, que le charme on répand ou modère,

A négligé Cléone, et dévoré mon père. [Ibid., ▼, 5.^

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