CHOQUER. — CLARTE
— CHOIX, objet du choix :
Vous éles le ckoix de ce grand génie, qui n'a fait qoe des miracles. (Disc, de récept, à l'Àcad.)
CHOQUER, attaquer de près et vivement, choquer la fortune :
L'âme doit se roidirplus elle est menacée,
Et contre la fortune aller tète baissée,
La choquer hardiment, et, sans craindre la mort,
Se présenter de front à son plus rude effort. {Méd., i, 5.
CHUTE, suivi de danSy avec un régime :
La chute d'oo méchant dàiw le malheur a de quoi nous plaire par l'aversion que nous prenons pour loi. (Deator. Dise.)
Et te laissera faire une chute effroyable
Dan» lef pièges du monde et iesfileu du diable. [Imii,^ i, 34.)
On comprend difficilement qu*un emploi si heureux n'ait pas été seulement indiqué par les dictionnaires. Le goût autoriserait certes encore aujourd'hui à dire avec Corneille : La chute d'un méchant dans le malheur, faire une chute effroyable dans les pièges du monde. On pourrait dire aussi bien avec d'excellents écrivains :
La chuu de TertuUien dans le montanisme est une des plus étonnantes dont on nous ait conservé la mémoire. (Dugubt, Conjér. eccL, vi" dissert., § 3 ) — l\ n'y a que l'Ëcriture sainte qui nous donne une notion claire et certaine de l'homme, en nous découvrant les avantages de sa première origine, sa chute dans le péché et les suites funestes de cette chute. (Roll., Traité des études^ vu, 1.)
Et en parlant d'une chose matérielle :
Nous y venons souvent, à la chute du soleil dans la Méditerranée. (Lamart., JYout;. Con/îd., lOMett.)
CLAIR. TIRER LA VÉRITÉ PLUS GLAIRE, commc OU dit, tirer une affaire à clair :
Quelque secret mystère est caché là-dessous.
Allons, pour en tirer ta vérité plus claire^
Seules dedans ma chambre examiner l'affaire. (La Gai, du Pal.^ m, 8.)
CLARTÉ, fig., avec le plur., lumières de l'esprit :
Je ne veux plus d'époux, mais il m'en faut une ombre.
Qui des Césars pour moi puisse grossir le nombre,
Un mari, qui, content d'être au-dessus des rois.
Me donne ses clartés ei dispense mes lois. (Pulch,, v, 3.)
Vous avez des clartés que mon insuffisance.... {Sert,, ii, 3.)
Sens usuel chez les grands écrivains du dix-septième siècle.
422 CLAUSION. — CŒUR.
— CLARTÉ, fig. et avec le plur., lumièfes, éolaircissements :
Quoi qa'il en soit, madame, allez trouver Pht>rbli8.
Tirez-eo. s'il se peut, les ctariét qu'on n'a pas. {CEd., iv, 4.)
CLAUSION DE COMPTE, règlement de compte :
A ce que pour sa décharge il soit procédé à l'examen dudit compte et ctausion dMcelui. {Comptes de la paroisse ShSauv.)
CLORE, fig. :
.... Oui, seigneur, celte heure forfunée
Par mes derniers soupirs clora ma destinée. (/Vicom.> iv, 3.)
Suivant Voltaire, « clore j clos, n'est absolument point d'usage dans le style tragique. » Pourquoi? Ce mot n'est-il pas clair, imagé, harmonieux? Que faut-il de plus pour la dignit/î tragique? Clore, clora j et même clos, se trouvent employés dans les vers les plus relevés, les plus soignés et les plus agréables :
Avant le temps tes tempes fleuriront,
De peu de jours ta fin sera bornée,
Avant le soir se clorra ta journée,
Trahis d'espoir tes pensers périront. (Ronsard.)
Hélas 1 ma fille, hélas! qui me clorra les yeux, Biais que mon pasle esprit soit monté dans les cieux?
(RAGAN,/>«Ber^., m, 2.)
Mais que, dans cet exemple, signifie quand,
CLOSAGE, enclos :
Qui, seul et désarmé, cherche dedans ces bois
Un bœuf piqué du taon, qui, brisant nos dosages.
Hier, sur le chaud du jour, s'enfuit des pâturages. (Cft'ï., ii, 7, 1" éd.)
Closage, avant le dix-septième siècle, était employé pour signifier non -seulement enclos, mais encore champs voisins d'une ville, champs qui entourent, enclosent une ville. Le vieux français avait aussi la forme clautsage.
CŒUR. ÊTRE LE COEUR DE QUELQu'upT, être Tobjct de toute son afiection :
ll/ut ainsi que vous le cœur d'un rei Louis. (Remerc, au card. Mazar,)
— PERORE LE COEUR DE, suivi d'un infinitif , perdre le courage, la hardiesse de :
Les Mores ont appris par force à vous connottre,
Et, tant de fois vaincus, ils ont perdu le cœur
De se plus hasarder contre on si grand vainqueur. (Le Cfd, ii,6.)