‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 117 sur 366 · CONSENTIR · texte numérisé non relu

CONSENTIR

moins absolument que le célèbre auteur du Cammenimre : « €oiv sentir est quelquefois actif; alors il n*est guère d*usage qu'au palais et dans le langage diplomatique. » L*^mploi de consentir, comme verbe actif, dans le sens de souffrir, permettre, est assez fréquent chez des auteurs dont le style n*a pas coutume d'être entaché des barbarisfnes du barreau.

Notons d'abord que Corneille a dit encore :

Trop heureux accident si la terre entr'oiiverte

Avant ce jour fatal eût consenti ma perte. {MéL, v, 3.)

L'amitié le consem si l'amov Tappréhende. {H9dog., iv, 1 .}

Aussi bien que Neptune Janon consentira notre bonne fortune. {Androm,, v, 3.)

Con86Bs-ta qa'oa diffère, honneur, le consensAii'f (AonoAe, ii, 3.)

N'est^e point que le ciel ne consent qu'avec peine Cette triste union d*un sujet à sa reine. [Ibid., ni, 5.)

Vous m'en dites assez pour mériter ma haine, Si je laissois agir les sentiments de reine. Par an trouble secret je les sens confondus. Parlez, je le consens\ et ne les troublez plus. {ibid., iv, 5.)

Voltaire, ayant dédaigné de faire aucune remarque sur le troisième comme sur le quatrième acte de Don Sanche, n'a pas rele¥é ces derniers barbarismes :

Mais, seigneur, le voici, tAchez de pressentir

Ce qu'en votre faveur il pourroit consentir. {Agés,, ii, 1.)

Corneille dit encore, parlant de ses premiers poèmes :

J'aurois laissé périr entièrement ceux-ci, si je n'eusse reconnu que le bruit qu'ont fait les derniers obligeoit déjà quelques curieux à la recherche des autres, et pourroit être cause qu'un imprimeur, faisant sans mon aveu ce que je ne voulois pas consentir , ajouteroit mille fautes aux miennes. [Préf, des œuvr. de Corn., !'• p., 1644, pet. in-12,)

Notre grand poète est toujours dans la tradition ancienne et constante de la langue :

Qui en gieu entre, le gieu doit consentir. Et l'on doit bien grever son anemi. '

( Garin le Loker,, S" chans., xxzv, ^. P. P.) Or iront tuit ensamble, li viel et li enfant. Le chemin vers Luiseme, se diex le lor eonsma,

(Gui de Bourg., bibl. elzév., v. 3448.) Ja fusmes nos nez en un jor.

Et en un jor devions morir.

Se Diex le volsisl consamir.

[Ftoire et Btanceflor, éd. du Mér., v. 1534, 2* vers. )

Ce seroit trop dure chose pour nous si nous consentions ce que vous dites.

(Faoïss., CArontq., Redd. de Calais.) — Si voulez consentir la trêve. (R. de Col-

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