‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 129 sur 366 · IM CORSAIRE. — COUCHER · texte numérisé non relu

IM CORSAIRE. — COUCHER

CORSAIRE, fig., pour désigner le ravisseur d'une femme :

N'en doute plus, Philiste^ uo ravisseur infâme

A mis en son pouvoir la reine de ton âme,

St peut-être déjà ce corsaire effronté

Triomphe insolemment de sa fidélité. {La Veuve, iv» 1.)

COTÉ. DU CÔTÉ DE, ce qu'on dit aujourd'hui assez mal, sous le rapport de :

J'en remporte cette satisfaction , que je laisse le théâtre françois en meilleur état que je ne l'ai trouvé, et du côii die l'art et du céU deê mœurs. ( Pertki ,' Avis wà lecL des prem. édit.)

Nous citerons, plutôt comme approchants que comme tout à fait semblables, les exemples suivants :

Les raisons qu'elle avoit de ne point épouser M. de Nemours lui paroissoient fortes du côté de son devoir, et insurmontahles du eâié de son repos. (M** db La Fayettb, La princeste de Cttvet.) — Mille idées effrayantes venoient l'assiéger du CÔU de l'avenir. (Prbv., Mém. d'un homme de quaL, i.)

COUCHE, s. fém. sing., pour signifier enfantement, couches :

Vierge devant ta couche^ et vierge après ta couche.

[CEuv. div., Louanges de la Vierge.) Et ta virginité dans ta couche est la même. {Ibid.)

Ce singulier était très-usité avant Corneille :

M** de Guise s'en estoit allé à Paris pour y faire sa couche* (Pasq., LetLy xiii , 5.) — M"* la princesse avoit résolu d'y faire sa couche, et y avoit fait tout préparer pour cet effet. (Malh., Lefi., à Peiresc, 24 mars 1610.)

— COUCHE, pour désigner l'union conjugale :

Bérénice est toujours digne de votre couche. (Tïieec Bérén.f ii, i,)

COUCHER AU TOMBEAU, comme précipiter au tombeau :

.... votre fourbe maudite, Dont je fus à regret le damnable instrument^ A couché de douleur Tircis au monument, (If^*» !▼} ^')

— COUCHER D*iMPOSTURE, fouT payer d'impostures, par une figure empruntée au jeu :

Vous couchez d^imposture, et vous osez jurer,

Comme si je pouvois voUs croire ou Tendurer. (Le Ment.^ m, 5.)

Molière a dit de même, probablement par imitation :

Oui, traître, c'est ainsi que tu me rends service!

Je viens de tout eiilendre^ et vois ton artifice :

A moins que de cela, Teussé-je soupçonné?

Tu couche* d'impotiure, et tu m'en as donné. (VÉumrdi, i, 10.)

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