‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 149 sur 366 · DÉFÉRENCE. — DÉFÉRER · texte numérisé non relu

DÉFÉRENCE. — DÉFÉRER

On a dit d'une manière analogue :

Mais je saarai bien m'affermir, et profiter de Texemple des autres, j'étudierai le défaut de leur politique et le faible de leur conduite , et c'est là que j'apporterai le remède. (Boss., 2« serm. pour le 4* dim, de car,, ii.) — L'amour trouve le secret d'apprivoiser la sagesse la plus austère, et de quelques maximes dont un cœur se fortifie, il a toujours des endroits mal défendus, dont cette passion sait trouver le défaut. (M"* de Yilled., Amours des grande hommes, Solon.) — Bertet, qui était vif , pénétrant et insolent, s'étant aperçu du faible , en prit le défaut habilement. (Retz, Mém.f i\, 1651.)

— SE TROUVER EN DEFAUT, nc pouvoii* pas saisir, en parlant de quel([ue chose d'obscur, de difficile :

J'en lus hier la moitié ; mais son vol est si haut,

Que presque à tous moments j« me trouve en défaut, {La Gai, du Pal.j i,7,)

— A CE DÉFAUT, fautc de cela :

C'est de quoi le sénat pourra délibérer;

Mais cependant pour lui j'ose vous assurer.

Prince, qu'à ce défaut vous aurez son estime,

Telle que doit l'attendre un cœur si magnanime. (/Vicom., v, 9.)

DÉFÉRENCE, action de déférer, faire entière déférence a :

Mais ce qui me surprend, C'est de voir que Pompée ait pris le nom de grand, Pour /air« encor au vôtre entibre déférence. (Serior,, i, 9.)

DÉFÉRER, V. act., accorder par déférence :

Seigneur, voyez César, forcez-vous à lui plaire ;

En lui déférant tout, veuillez vous souvenir

Que les événements régleront l'avenir. {Pomp.j u, 4.)

Le grand Sertorius fut son parfait ami ;

Apprenez-le, seigneur, (car je me persuade

Que nous devons ce titre à votre nouveau grade) ;

Et, pour le peu de temps qu'il pourra vous durer.

Il vous coûtera peu de vous le déférer, {Sertor.y v, 4.)

Après tant de bontés, et de marques d'estime,

A vous moins déférer je croirais faire un crime. {Âgés,, v, 3.)

On trouve dans la même signification :

Déférez quelque chose au sentiment commun. (Rotrou, Aniigone,)

A la fin voyant que cela tiroit de longue et que les viandes se gastoient, je fis signe à Clitiphon qu'il se laissast vaincre ; il defféra cela à mon impatience, (Théoph., Fraym, dune hisi. com.j v.) — Comme frères, nos Lorrains lui avaient déféré bien des choses , mais celte distinction du fauteuil les blessa extrêmement. (St.-Simox, Jféfn.,t. ii,c.l6.)— Cette confusion ôtait l'égalité marquée avec lui, sans laquelle aucun duc n'eût pu le voir. Je dis égalité, parce qu'il était raisonnable que ceux de sa maison lui déférassent la main et ce qu'il voulait, ce qui ne pouvait pas régler les autres. (Id.. ibid.) — Sans cesse soigneux d'admirer, de tout faire valoir, de tout déférer, id., iOid.. t. vu, c. 31.)

474 DÉGAGER. — DÉGLACER.

— DÉFÉRER A QUELQU'UN, avoir de la déférence pour lui :

Paisqu'elle me préfère.

Ce que j'ai fait pour lui vaut bien qu'il me déjtre. [Suite du MenL^ m , -2.)

— DÉFÉRER A SA PASSION, A SON IMPATIENCE, s'y abandonner :

Qtiand l'homme avec ardeur souhaite quelque éhose,

Quand son peu de vertu n'oppose

Ni régie à ses désirs, ni modération,

Il tombe dans le trouble et dans l'inquiétude

Avec la même promptitude

Qu'il défhre à sa passion. (Imit.. i, 6.)

Avez-vous reconnu par votre expérience Qu'il faille déférer à son impatience? [Perth,, i, 2.)

DÉGAGER. DÉGAGER LA VIE DE QUELQU'UN , Tarracher au

danger :

Leur chef nous a paru le démon des combats, Et trois fois sa valeur, d'un noble effet suivie, Au péril de son sang a dégagé ma vie. [La Tois. d'or, i, 2.)

— DÉGAGER d'un CHAGRIN :

De ce petit chagrin le ciel m'a dégagée. {Agés., ii, 7.)

— DÉGAGRU LA FOI, avcc le pronom personnel, dans le sens passif :

Si la foi sans rougir pouvait se dégager, [Agés,^ i, 4.)

— DÉGAGER LA FOI DES RÉVÉLATIONS, accomplir fidèlement ce que les révélations avaient promis :

Son divin salutaire a paru dans le monde,

Et dégagé lu foi des révélations. [Trad. du Ps, xcvii.)

— DÉGAGER SA PROMESSE , avec uu uoiu de chose pour sujet :

Tout ce qu'il leur jura parait en ce moment.

Et ce miracle enQn dégage sa promesse. {Trad. du Cam. de la Vierge.]

— DÉGAGÉ DE, débaiTassé de. style dégagé de pointes :

Le style en est plus fort et plus dégagé des pointes dont j'ai parlé, qui s'y trouveront assez rares. {Exam. de la Suiv.)

— SE DÉGAGER DE QUELQU'UN, rompre rengagement qu'on a avec lui :

Tu l'aimes, elle t'aime, il me suffit. Adieu.

Je vais me dégager du père de Glarice. (Le Ment., u, 5.)

DÉGLACER (se), fig., cesser d\Hre glacé:

Tout de bon, je les vois, c*est fait, il faut mourir, J'ai le corps si glacé que je ne puis courir.

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