‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 15 sur 366 · AIR. — ALENTIR · texte numérisé non relu

AIR. — ALENTIR

« Mais sa mère empêcha sa mort, < Et lui donna deux fois la vie :

« Qu'elle tienne auprès de vous « Rang de sœiir et de princesse; « Ainsi le ciel vous soit donx, »

Voilà le testament qu'en mourantje vous laisse. (Roraou, Laureperséc.jy,0.) Vous connaisse! ce dieu : qui ne le connott pas? S'il descend pour vous plaire au fond de ces climats, D'une botte de fard récompensez sa femme. Amsi durent chez vous les douceurs de sa flamme. Ainsi votre bonheur puisse rendre envieux Celui qui pour sa part eut l'empire des cieux.

(La Font., les Am, de Psyché, ii.) Qu'à mon désir pressant votre bonté réponde. Ainsi fasse le ciel que chacun de vos jours Soit marqué par des faits illustres.

Et que dans leurs glorieux cours

On compte encor plus de .dix lustres! (M">«Ûrsh., Leu. àM.Therart.) Rendez-moi à mon père et à ma patrie. Ainsi puissent les dieux vous conserver à vos enfants , et leur faire sentir la joie de vivre sous un si bon père. (Fkn., Tétém., II.)

AIR. Jeter des injures en l*air :

Elle a donc bien jeté des injures en l'air? {La Veuve, v, 3.)

— AIR, Apparence. Avoir l'air de l'école, avec un nom de chose pour sujet :

Ce visage, ce port n'ont point l'air de l'école ,

Et jamais comme vous on no peignit Rartole. [Le Mène, i, 1.)

Corneille, dans cette même pièce, emploie également cette expression avec un nom de personne. Voyez École.

ALFAN6E, sabre, coutelas, cimeterre.

Contre nous de pied ferme ils tirent leurs al/anges.

De notre sang au leur font d'horribles mélanges. {Le Cid, iv, 3.)

Voltaire, voulant employer ce mot dans VOrtAelin de la Chine, 1,3,

De nos honteux soldats les atfanges errantes A genoux ont jeté leurs armes impuissantes,

a commis une méprise que La Harpe a relevée :

c Al/ange est un vieux mot tiré de Tarabe, qui signifie épée. Voltaire, curieux apparemment de faire usage de ce mot étranger, parce qu'il est sonore, l'a détourné de son acception et l'a employé pour phalanges, bataillons , etc. 11 valait mieux ne pas s'en servir. » {Lycée^ 1, 3, $ 9.)

ALENTIR, pour ralentir :

Non que ma passion s'en soit vue aUmie, [Serior., iv, 2.)

32 ALENTIR. — ALLEH.

— ALEM'iH (s') pour se ralentir :

Le zèle cependant chaque jour devroit croflre.

Profiter de l'exemple el de l'emploi du cloître ;

Au lieu que chaque jour sa vigueur salentit. (ImU., i^ IL.)

Ce verbe appartient proprement au seizième siècle :

0 ma fidèle, allons! Allons, vien, condûy-moy Vers celuy qui peut seul alentir mon esmoy !

{LaMugdel. de F. Rémi de Beauv., iv*liv }

Et avec le pronom personnel :

J'en trouve qui se mettent inconsidérément et furieusement en lice, cl %'aleu' Mteni en la course. (Mont.)

Plus anciennement on a dit allëntër :

Mais l'ennuy qui me ronge, avec la tyrannie

De celle que les Grecs ont appelle Pénie,

£t mil autres malheurs qui se suyvent de loiug.

Pour n'avoir jamais eu des richesses grand soing,

AUemenl ma fureur. (Joach. du Bellay, Au Roi, Sur la Tresve.)

De même avec le pronom personnel :

£t le cours du torrent tombant de la montaigne

S'alUtnic quelquefois au plain de la campaigne. (id., ibid.)

Selon Voltaii'e [Comment., édit. de i764), alentir n'a jamais été français. La vérité eût été de dire, avec le Dictionnaire de Trévoux : « On croit qu alentir n*est pas aussi usité que ralentir, »

ALLÉGEANCE, soulagement :

Vains projets, vains discours, vaine et fausse allégeance! {Im PI, Roy., ii, S.)

Non pas que je soupire après une vengeance

Qui ne peut me donner qu'une fausse allégeance. {Clit. m, 1.)

Porte à SCS déplaisirs cette faible allégeance,

Et dis-lui que je cours achever sa vengeance. {Pomi»., v, 1.}

Enfin, mon père est mort, j'en demande vengeance.

Plus pour votre intérêt que pour mon allégeance. {Le Cid, ii, 9 )

ALLER. Emploi particulier d\\LLER et venir :

L'esprit ne va-t-il pas tt vient comme il lui platt? ilmit., ii, 9.;

— ALLEH, en parlant du cœur, des sentiments qui le portent vers quel(|u*un :

Je no veux point, Seigneur, \ous le dissimuler.

Mon cœur va tout à vuus, quand je le laisse aller ;

Mais sans dissimuler, j'ose aussi vous le dire.

Ce n'est pas mua dessein qu'il m'en coûte l'umpiru. (Tlric; ci lier., i, -2 ,

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