‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 14 sur 366 · AINSI · texte numérisé non relu

AINSI

0 gages qu'il néglige ainsi que superflus,

Je ne sais qui de nous vous diffamez le plus. [Mél.^ m, 3.)

— REGARDER AINSI QUE, regarder comme :

En regardant sa gloire atf»t que mon ouvragOr

Je périrai plutôt qu'une autre la partage. (^eri., v, 1.)

Il se plaint à moi tous les jours des rigueurs de sa destinée, et regarde l'hymen de la princesse atiut que larrèt redoutable qui le doit pousser au tombeau. (Mol., lei Àm. magnif., iii,l.)

— AINSI, avec une remarquable inversion, dans le sens de c*est ainsi que :

Àinti de ma faveur vous nommez les effets? (Théod., i, 3.)

— AINSI, avec le subjonctif, par imitation du latin, et comme le Sic te Diva potens d'Horace [ode m) :

Ainsi vienne bientôt cette heureuse journée Qui nous donne le reste en faveur d'hyménée.

{Mél.j I, 4, l-^ édit. jusqu'à 1660.)

Cette signification curieuse se rencontre assez souvent avant comme après Corneille. Au seizième siècle, Joachim du Bellay, entre autres, en offre de nombreux exemples dans son Olive et ses Poésies diverses :

Parmi les exemples du dix-septième siècle , nous choisissons les suivants comme les plus frappants :

0 le plus grand des rois et le meilleur des pères !

Ainsi vous soient toujours toutes choses prospères,

Comme vous obligez cette princesse et moi

A vous garder toujours le respect et la foi! (Ma»., Le Gr, Solim., v, 1.) LK PRINCS, à C infante. Ainsi jamais souci ne trouble votre viet LAURB. Ainsi votre fortune égale votre envie 1 LE PRiNCB. Ainsi roncontriez-vous, au sein de mille rois,

Mille esclaves soumis au pouvoir de vos lois! LAURE. Ainsi jamais la faux, qui détruit toutes choses.

N'attaque de ce teint les œillets ni les roses! ' LB pRiNCB. Ainti ces yeux, vainqueurs de la force du temps,

Brûlent encore les cœurs en Thiver de vos ans! LADRE. Ainsi sur vos sujets, sur vous et votre race.

Le ciel à pleines mains verse à jamais sa grftcel LB PRINCE. Ainsi si jamais reine eut des jdtars comblés d'heur.

De plaisir, de repos, d'estime, de grandeur.

Soit aux siècles passés, soit au courant du nôtre,

Son bonheur n'ait été que Timage du vôtre!

Et le cours de vos ans soit aussi glorieux

Que d'un zèle sans fard j'en conjure les dieux I

(KoTEOO, Laure perséc., v, 8.)

« De votre sœur naissante on eût borné le sort, « Si l'on eût de son père exécuté l'envie.

Page 1