DÉSESPOIR. — DÉSISTER
De superbe et d'ambition; Désenfle-\A si bien qu'elle soil toujoure prèle
A voir que chacun sur m lète Par un dernier mépris ose imprimer ses pas. {Imit., uu 13.)
DÉSESPOIR, avec le pluriel :
De mille désespoirs mon cœur est assailli. {La PI. Roy., u, 3.)
La maladie de Flavie, sa mort et les violences «des désespoirs de sa mère qui •6 venge, ont assez de justesse. {Exam. de Théod.) — Le grand effort d'esprit qu'il avoit fait à peindre les désespoirs de ce monarque. {Êhrem. Disc.) — Ses remords en auroient été plus animés et ses désespoirs plus violents. {Deux, Disc.)
Et par les désespoirs d'une chaste amitié,
Nous aurions des deux camps tiré qualqae pitié. {Oor,, lu. ^.)
« On n'emploie plus aujourd'hui désespoir au pluriel ; il fait pourtant un très-bd effet, observe justement Voltaire. Mes dé-, plaisirs y mes craintes, mes douleurs , mes ennuis, disent plus que mon déplaisir, ma crainte, etc. Pourquoi ne pourrait-on pas dire mes désespoirs comme <0D dit ixkss espérances? Ne peut-on pas désespérer de plusieurs choses , comme on peut en espérer plusieurs? »
On a dit, comjne Corneille, au di}L-septiëme siècle :
La Valliére eut des jalousies et des d4sa^>ofr0 inconcevables. (M** de Lap. , Hist. d*Henri dAngL, 3« p.. 1662.)
On a su, de nos jours, reprendre cet emploi si heureux et si nécessaire :
J'essayais alors de la consoler, et l'instant d'après je m'abtmais dans des désespoirs inexplicables. (Chat., Mém, d' Outre-tombe.) Les séparations et les longs désespoirs N'ont- ils pas éclairci, dis-moi, ses cbeveiix ià^irs?
(Laxaet., /Md||^,6« époque.) Ces lieux de nos bonheurs et de nos désespoirs , Où le drame divin de tout notre jeune âge
Avait à chaque site attaché son image. (Id., ibid., 9* époque.)
Et dans ses désespoirs^ dont Dieu seul est témpiq. S'appuyer sur l'obstacle et s'élancer plus loin. (Id., Harm., ii, 7.)
DÉSHONORÉ, ave« un nom de chose :
Par cet illustre soin mes vers déshonorés
Perdront ce noble orgueil dont tu les vois parés,
^i dans mon premier rang ton ordre me ravale. [Ueq. à Louis M V.)
DÉSISTER DE, neut., suivi d'un substantif ou d'un mot qui en tient la place :
Quand on a commencé d'en suivre la bannière (de U croix),
Il ne faut plus en désister. {Imit,, m, 5.;