‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 166 sur 366 · DESSUS · texte numérisé non relu

DESSUS

« Comme il faut des remarques, grammaticales , surtout pour les étrangers, dit le commentateur, on est obligé d'avertir que dessous est adverbe, et n*est point préposition : « Est-il dessus? esiril dessous? il est sous vous; il ert sous lui. » C'est encore une règle moderne, que Voltaire donne comme une règle constante de la langue :

Sur le midy prenions nostre repas

Deisoubz quelque arbre, où la chaleur haultaine

Ne nous nuysoit, prés de quelque fontaine.

(Le seign. db Bordbrib, Le Disc, du voyage de Constantinople,) Aussi est-ce la créature La plus parfaite que nature

Forma jamais dessou» les cieux. (Godard, Les Desguisei, i, 2.)

Je ne sçaurois faillir dessous votre conduite. (L. C. Discret, àUz,. h, 3.) 0 sensible contrainte, ô rigoureux ennui, D'être obligé d'aimer dessous le nom d'autrui! (Rotr.. Vencesl,, ii, 6.)

Voltaire lui-même a employé dessous comme une préposition :

• Vous dormez dessous les courtines Et des Grâces et des neuf Sœurs. [Êpit. à Desmahis.)

On trouve encore en vers, à la même époque, cet emploi chez des auteurs de mérites divers; ainsi, au septième chant de la Henriade travestie, où il est parlé des milliers de nouvellistes :

Déguenillés, mourant de faim.

De ces hâbleurs passant leur vie Dessous l'arbre de Cracovie.

DESSUS, employé comme préposition avec un régime :

Une amitié si longue est fort mal assurée

Dessus des fondements de si peu de durée. (.tfé/., i, 1.)

Peut-être qu'après tout ces croyances publiques

Ne sont qu'inventions de sages politiques

Pour contenir un peuple, ou bien pour l'émouvoir.

Et dessus sa foiblesse affermir leur pouvoir.

(PoL, IV, 6, l~»éd. jusqu'en 1660 excl.) Et que tant de faveurs dessus lui répandues

Sur un indigne objet ne sont pas descendues. [Suite du Mtm,^ v, 3.)

Rodogune a paru sortant de sa prison,

Comme un soleil levant dessus notre horizon. (Aod., i 4.)

Ah ! vous fûtes toujours l'illustre Pulchérie , La fille d'empereur dés le berceau nourrie ; Et ce grand nom sans peine a pu vous enseigner Comment dessus vous-même il vous falloit régner. {Hirael., m, 3. )

Je m'en consolerai quand je verrai Phocas Croire affermir son sceptre en sa coupant ie bras,

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