‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 177 sur 366 · DIRE. — DISCOURS · texte numérisé non relu

DIRE. — DISCOURS

DIRE, V. act., dans le sens de parler de :

Réserve à d'autres temps cette ardeur de courage,

Qui rend de ta valeur un si grand témoignage,

Ce duel que tu dis ne se peut concevoir ;

Tu parles de Clitandre, et je viens de le voir

Que notre jeune prince enlevoit à la chasse. {Ciit,^ i, 7.)

— TROUVER A DIRE A , trouver qu'il manque quelque chose à :

La robe de Médée a donné dans mes yeux;

Mon caprice, à son lustre attachant mon envie,

Sans elle trouve à dire au bonheur de ma vie. [Mêd., ii, 3.)

DISCERNEMENT, avec le pluriel :

Plusieurs parlent beaucoup sans être bien instruits, Et leur témérité sème tant de faux bruits

Qu'on croit fort peu tant de paroles; N'en conçois donc, mon fils, ni chagrin, ni courroux,

Pour leurs discernements frivoles, Puisqu'il n'est pas en toi de satisfaire à tous. {Imii., m, 36.)

DISCORD, discorde, allumer le disgord :

Pourrez-vous quelque chose après qu'un père mort

N'a pu dans leurs esprits allumer le discord? [Le Cid^ v, 3.}

Corneille a dit encore :

Lorsque Mars se préparc à tout couvrir de morts,

Un illustre Romain étouffe ses discords^

En dépit des fureurs en deux camps allumées.

[Inscrip. mises sous des estampes, xii, Paix de Cazal.) Prenez soin d'apaiser les discords de mes fils.

Qui par les nœuds du sang vous deviendront unis. (CEd., v, 6.)

Mais leurs sanglants discords qui nous donnent des maîtres Ont fait des meurtriers, et n'ont point fait de traîtres. [Sert., i, 1.)

DISCOURS, histoire, récit:

Mais, sitôt qu'il me vit. il me dit mon histoire ;

Et je fus étonné d'entendre le discours

Des traits les plus cachés de toutes mes amours. [Vlllu^. corn., i, 1.)

Je vais de ses amours Et de tous ses hasards vous faire le discours. {Ibid-t i, 2.)

Discours, dans ce sens de récit, histoire, est antérieur à Corneille :

Il vaut mieulx que nous escripvions tout du long le discours entier de la meinée, et la ruse et malice de la feinte qui ne fut pas petite. (Amyot, Vies, Lysandre.) Du lict elle instruisit et consola ses frères Du discours animé de ses douces misères. ^D'Aubigné, Trag.j iv.)

.... — Ne les connais-tu point?

— Ceux qui furent blessés lorsque tu fus ravie?

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