‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 182 sur 366 · U DIVORCE · texte numérisé non relu

U DIVORCE

séparé de quelque chose, mais non pas divisé de quelque chose, » dit Voltaire.

Diviser de, diviser d'avec ^ pour séparer de, séparer d'avec^ dans les divers sens matériels et moraux, est de la langue la meilleure et la plus générale du seizième et du dix-septième siècle :

Qae pareillement vous deineuriés de plus en plus anis et liez ensemble, contre les praticques et menées de vos ennemis, qui ne lascheront qu'à vous diviser les uns des aultres, pour avoir meilleur marché, comme desjà avés veu , d'un chaB^ cun à part. [Leii. miss, de Henri /F, t. ii, p. 61.) —Les Mazarins vouloient divistr le peuple du parlement. (Retz, Mém,, m, 1649.] — Rien ne nous divise tant d^avec les hérétiques que la profession que nous faisons d'expliquer rËcrituro sainte selon le sens des Pères. (Arn., Rem. sur tes princip, erreurs^ etc., i.) — Vous tAchez de diviser l'Église d'elle-même. (Id., Fréq. comm.^ u , 117.) — Qui le dit? quelques docteurs de la Faculté divisés sur cela d^avec leurs frères. (Nie, Leit au P. Annal, etc. ) — Vous diriez qu'il ne sauroit se passer d'eux, et que son royaume ne lui plairoît pas s'il ne le possédoii en leur compagnie, et s'il ne leur en faisoit part. U ne veut pas même que son père les divise de lui dans son affection. (Boss. , '•À* serm, pour la Touss.y m.) — Ces mers qui divisent la Grèce d'avec l'Italie. (FÉN., Tilém., xii.) — Je suis pour vous contre moi, d mon Dieul II n'y a que vous qui ayez pu me diviser ainsi d'avec moi-môme. (Id., Avis et in<(r., zviii.)

Et encore de nos jours :

Rien de plus matériel que la théogonie antique. Loin qu'elle ait songé, comme le christianisme, à diviser l'esprit du corps, elle donne forme et visage à tout, môme aux essences, même aux intelligences. (V. Hugo, Cromwell, préf.)

De môme avec le pronom personnel :

Par ceste extrémité de doute qui se secoué soy-mesme , ils se séparent et se divisent de plusieurs opinions, de celles mesmes qui ont maintenu eu plusieurs façons le doute et l'ignorance. (Montaigne, £«<., ii, 12.)

Quand du sein de l'Église une fois «6 divise. (Du Yerdier, Les Omonymcs,)

Si donc Dieu tire un si grand bien de l'hérésie môme, il le tire d'une manière encore plus douce et plus avantageuse des troubles qui s'excitent parmi les enfants de l'Ëglise, sans qu'aucun d'eux, pour cela, se divise de son unité. (Aknauld, Apoi. pour les Saints-Pères, préf. )

— SE DIVISER, se partager en factions :

Seigneur, pour sauver Rome, il faut qu'elle s'unisse

En la main d'un bon chef à qui tout obéisse.

Si vous aimez encor à la favoriser,

Otez-lui les moyens de se plus diviser, (Ciii., ii. 1.)

— DIVISER, interrompre :

Mais, hélas, mes pensers, qui vous vient diviser? [Cltt,, \, 3.)

DIVORCE. FAIRE DIVORCE AVEC, au sens propre, divorcer avec :

Tite fit, sitôt après.

De Bérénice à Rome admirer les attraits. Pour elle avec Martie il avait fuit divorce. {Tite et Bér., i, l

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