‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 185 sur 366 · DONNEUR. — DONT · texte numérisé non relu

DONNEUR. — DONT

On a dit d'une manière approchante, avec un-rég. de pers. :

Oqî , Nenrm, je la donne,

Sans rien examiner, au bien de ma coaronne :

Elle mourrai (Ctrano, Mort d^Àgrippa, ii, 1.)

El d'une façon analogue, avec à suivi d'un infinitif:

Ils craignent de s'estre mesconlez en l'opinion qu'ils ont eue dt vous, et d'avoir donné de leur réputation à faire valoir la vostre. (Théoph., CEuvr,^ à Mgr. de L.)

— DONNER A (un subst.) , à (un infin.) , donner à.... le soin de :

Aime en tous lieux, perfide, et partage ton âme,

Choisis qui tu voudras pour maîtresse ou pour femme,

Donne à tes intérêts à ménager tes vœux ;

Mais ne crois plus tromper aucune de nous deux. {Uillus., m, 6.)

— DONNER, neut. DONNER jusqu'à, aller, pousser jusqu'à :

Donnons jusque* au lieu, c'est trop d'amusement. (^7if., ii, 2.)

Si d'adventure vous estes à Boulogne, donnés jusqu^s à Paris pour cet effect. (Un. miss, de Henri IV, t. iv, p. 749, 23 avr. 1597.)

— EN DONNER , pour signifier mentir :

DORANTB. Et bien, l'occasion?

CLiTON. Elle fait le menteur, ainsi que le larron ,

Mais si j'en ai donné, c'est pour votre service. {Suite du Ment., iv, 8.)

— IL NOUS EN A TROP DONNÉ, il nous a trop abusés :

Dorante avec chaleur fait le passionné :

Mais le fourbe qu'i/ est nous en a trop donné;

Et je ne 'suis pas fille à croire ses paroles. {Le Meni,, iv, 8.)

D'ordinaire on dit en donner à quelqu'un; la variante de Corneille est des plus naturelles et des plus heureuses.

— DONNER DES PLEURS, employé d'une manière assez singulière pour signifier faire verser des pleurs :

Et ses trois frères morts par la main d'un époux

Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous. (Bor., Vf, 3.)

DONNEUR DE BOURDES, celui qui est accoutumé à donner des bourdes, qui aime à duper:

Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes. (Le Ment., m. 5.)

DONT, pour de qui, se rapportant à un nom de personne:

C'est elle dont je tiens cette haute espérance

Qui flatte mes désirs d'une illustre apparence. (Pomp,, iv, 3,)

Fau(-il que je vous obéisse, Moi, dont Galba prétend faire une impératrice? (Of/i., n, 5.)

Je serois le premier dont on seroit jaloox. {jSeri., rv, 3.)

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