‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 187 sur 366 · DONT. — DOUBLE · texte numérisé non relu

DONT. — DOUBLE

On a dit encore au dix-huitième siècle, en consultant principalement Teuphonie :

Les montagnes dont il descend. (Bcpp.) —Il me faut une maison agréable dont je ne sorte guèrd, ei où l'on vienne. (Volt.)

Souvent, dans le langage rustique, dont est mis pour (ToU. Par exemple : « D'mande-lui Tpays dont i vient, pour : Demande-lui le pays d'où il vient.» (Em. Agnel, Observ, sur la prononc. et le lang, rustiq, des environs de Paris, p. 93.)

L'étymologie de unde justifie tous ces emplois.

— DONT, elliptique, pour ee dont, une chose dont, de quoi :

C'est doni je ne veux point de témoin que Valère. [ffor,, v, 3.)

Voilà dont le feu roi me promit récompense. (D. Sanche, i, 3.)

<c Voilà dont est un solécisme, dit Voltaire ; il faut, « voilà les services, les exploits, les actions dont, etc. » Cette forme elliptique est certainement irrépréhensible en vers , et Corneille a pu dire encore :

Et c'est doui je me plains. (Suite du Ment., iv, ^.)

C'est dont vos seuls avis se doivent consulter,

Trop heureux, quant à moy, de les exécuter. (ta Veuve, ii, 4.)

Mais qu'il m'y donne part, c'est dont j'oso douter. (Pulch , i, 3.)

El c'est dont je vous donne avis en bonne sœur.' {Penh., i, 2.)

Ces charmes attirants, ces doux je ne sais quoi, Sont des biens pour tout autre aussi bien que pour moi; Et c'est dont un beau feu ne se contente guère. (Sonn.)

On trouve de môme :

Et c'est dont je me plains. (T. Corn.« Théod., i, 2.)

Et par une ellipse analogue :

Mais il n'en est'pas de même des corps à ressort, quelque durs qu'on les suppose. Dont la raison est que ces sortes de corps ne communiquent leur mouvement que successivement. (Maledb., Loix de la communication des mouvement, ii,.31.)

Dont se prête à une autye sorte d* ellipse très-commode pour

la poésie :

Et mon âme inquiète, Ne trouvait rien dont estre satisfaite. (Voit., Élégie,)

— Corneille a encore employé dont d'une manière elliptique

pour signifier avec quoi :

Voici qui va trancher tes soucis superflus.

Voici dont je vais rendre, aux dépens de ta vie,

Et ma flamme vengée, et ma haine assouvie. {Clit., i, 8.)

DOUBLE, adj. un esprit si double :

Il faut jouer au fin contre un uprit si double. iLa Veuve, i, 4.)

2i0 DOUCEUR. — DOUTEUX.

— DOUBLE, subsU N*AVOiR PAS LE DOUBLE , comme OD dit nV voir pas le sou :

Il cajole des mieux, mais il n'a pat le doubU. (Suiu du Ment., i, 2.) Mous ri avons pas le double. (Boissy, Le Médecin par occasion, ii, 3.)

DOUCEUR, avec le plur. dans le même sens que le sing. :

M'enviez pas, madame, à mon sort inhumain

La gloire de finir du moins en vrai Romain,

Après qu'il vous a plu de me rendre incapable

Des douceurs de mourir en amant véritable. (Of/i., m, 1.)

— DOUCEURS, sucreries, confitures, friandises. Signification

ancienne indiquée par Sainte-Palaye.

Acceptez cependant quelque peu de douceurs

Fort propres en ces lieux à conforter les cœurs.

Les sèches sont dessous, celles-ci sont liquides. {Suite du JHeni,, u, 6.)

Merveille qui m'as enchanté

Par tes douceurs et tes pistoles,

Sache un peu mieux ies partager,

El si tu nous veux obliger

A dépeindre aux races futures

L'éclat de les faits inouïs.

Garde pour toi Us conGtureà,

Et nous accable de louis. [Ibid,, m, 2.)

Ainsi délruit le temps les biens les plus solides, Et moins d'un Jour réduit tout votre heur et le mien Des louis aux douceurs, et des douceurs à rien. [Ibid., m, 3.)

DOUTE. EN DOUTE DE, doutaut de :

Tu ne meurs point de honte Qu'il faille que de lui je fasse plus de compte. Et que ton père même, en doute de ta foi. Donne plus de croyance à ton valet qu'à toi ! Le Metu., v, 3.)

Page 1