‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 197 sur 366 · EFFORT · texte numérisé non relu

EFFORT

— EFFORT, en parlant des productions de l'esprit, effort d'invention :

Cette tragédie a encore plus ^^effori d*invention que celle de Rodogune , et je puis dire que c'est un heureux original, dont il 8*est fait beaucoup de belles co^ pies, sitôt qu'il a paru. (Cxam. d'H^-ac/.)

— CET HEUREUX EFFORT DE MA PLUME, pouT désigner unc production à laquelle on consacre avec succès toutes ses forces et tout son talent :

Si je souhaite quelque durée pour cei heureux effort de ma plume^ ce n'est point pour apprendre mon nom à la poslériié, mais seulement pour laisser des marques étemelles de ce que je vous dois. {Le Cid^ à M"* de Combalet.}

— EFFORT, énergique emploi au figuré :

J'aime, n'abusez pas, prince, de mon secret,

Au milieu do ma haine il m'échappe à regret,

Mais enfin il m'échappe, et cette retenue

Ne peut plus soutenir Veffon de votre vue. [Rodog., iv, 4.)

— EFFORT, en parlant de sentiments surexcités, de qualités morales portées à un très-haut degré :

Je le désavouerois, s'il n'étoit magnanime,

S'il manquoit à remplir Veffort de mon estime. (iY/com., v. 9.)

Je verrai par V effort de votre obéissance

Où doit aller celui de ma reconnoissance. {I*erth., ii, 1.)

Grimoald inconstant n'a plus pour vous de charmes,

Mais Grimoald puni vous coûteroit des larmes.

A cet objet sanglant Veffort de la pitié

Reprendroit tous les droits d'une vieille amitié. {Ibid.)

Quoi donc! madame, Othon vous coûteroit rempire?

II sait mieux ce qu'il vaut et n'est pas d'un tel prix

Qu'il le faille acheter par ce noble mépris.

Il se doit opposer à cet effort d'estime

Où s'abaisse pour lui ce cœur trop magnanime.

Et par un même effort de magnanimité.

Rendre une âme si haute au trône mérité. {Oih., m, 5.)

Les bons auteurs offrent en grand nombre des emplois analogues, excellents à imiter, comme celui de Corneille :

Vous avez veu que la longueur d'une traistreuse prison n'avoitde rien altéré en moi ny Veffort de mon courage envers Dieu, ny de ma religion catholique. (Pasq., Rech,, vi, 15.)

Tout craint Veffort de leur vertu, (Racan, Ps., Ode an Roy.)

Quoi donc? un cœur si fier, si plein de fermeté.

Par Veffort de Camour peut être surmonté! (Qom., Asirasu, u, 8.)

Et dans ce qu'à mes yeux le crime offre d'horreur, Tout Veffort de mes soins se doit à l'empereur. (T. Corn., Maxim,, m, 1.) De ce grand caractère il a rempli Veffort. (Id., Pyrrh.^ i, 6.)

Kê EFFRONTÉ. — ÉGAL.

Ikii prenter bniit de oe faneste accident, toutes les viHef de êméêm flneit émues» des niisseani de larmes coulèrent des yeux de tous leurs '^fiMlMfp. Qs furent quelque temps saisis, muets, immobiles. Vn ejfari de domiemr. rompaat •Blln ce long et morne silence, d'une voix entrecoupée de saaglou qnp foiMuiiiit 4mis leurs cœurs la tristesse, la pitié, la crainte, ils s'écnèmii :... {¥%Mam^ 6^. fun. de Turenne,) -— C'est un effort de démenée dans un gouvernemest dfWTÎlir la pliu grande partie de la nation. (Volt., Eté, sur les mœurs, e. 98.)

Pour mieux comprendre ces différents emplois, il est bon de •avoir que e/fort a signifié primitivement force :

N'asemblereit Jamais Caries si grant esjorz,

(Tbâb., La Chmu. de Kol„ h 908, édiU GMb.)

C'est-à-dire : Il n'assemblerait plus jamais de telles forées.

Dist Oliver : « Paien unt grant es/orz^

De nos Franceis m'i semble aveir mult poi 1 »

(THBR.,la €taii«. é$ Hdf., Il, 589.) Et puis m'aconta vinl-trois, Qu'emperéors, que rices rois, Vos crestiens, qui ça venront

Àtot Vesfors que il auront. {PanonogK de BloU^ v. 7161, éd. Crap.) La nuvele vint a Tou, le rei de Emath, ke David out descoDftt tut le ei/ors Àdadezer. {Le Livre des Rois, p. 147.)

n y a en latin : « Omne robur Adadezer. »

EFFRONTÉ, fig. un zèle effronté :

Et, d'un zèle effronté couvrant son attentat,

S'oppose, pour me perdre, au bonheur de l'Ëtat? (Ctn., iv, 2.)

ÉGAL. A l'Égal, locution adv., également :

Je suis craint à tégat sur la terre et sur Tonde. {fUisu., m, 4.)

— A L*ÉGAL DE, autant que, aussi bien que .

Et l'hymen de soi-même est un si lourd fardeau.

Qu'il faut l'appréhender à r^ya/ du tombeau. (Mtf/., i, 1.)

Allons donner votre ordre à des pompes funèbres,

il régal de son nom illustres et célèbres. (Serf., t, 8.)

Je pense le connottre à régal de moi-même. pPu/cA., i, 3.)

Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme ;

Qu'il me fuye à F égal des frères de sa femme. {Uor., iv, 1.)

La seule vérité donne aux afElictions

Des consolations Durables à Cégal de sa sainte parole. (/mil., m, 16.)

Et ce que fuit le monde à Cégal des supplices, G'étoit ce qu'avec joie ils couroient embrasser. (/frid., c. ^.)

" -T- A l'Égal de, au prix de :

La seule mort d'Horace est à craindre pour vous.

Des frères ne sont rien à Pégal d'un époux. {Bor., m, 4.)

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