‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 3)Chapitre 202 sur 366 · IB6 EMBARQUER. ^ EMBARRASSER · texte numérisé non relu

IB6 EMBARQUER. ^ EMBARRASSER

Non, quelque chose que je face»

Je ne peux etloigner sa face,

Sa face, dis -je, et ses beaux yeux,

Qui font honte au soleil des cieux. (Godako, Ub Dtâffuiêez, iv, 1.) JTtttois deijà sur la frontière, en la mediution de quiUer ma patrie et dans rineeitltiiée d'y plus revenir, et cette contrainte d'estoigner vostre coar tenoit mon eaprit dans .des troubles qui me rendoient indifférentes et la ci^tnie et révaaioD. (Thbopb., Apol, au Roy,) — A peine avon«-nous éloigné U c^te, que nous avons été pris par une galère turque. (Cyrano, Le Péd. joui, ii, 4.)

Et me cachay dans des roseaux

D'où, jusqu'à tant que vos vaisseaux

Euutm éloigné le rivage.

Je ne bougeoy comme homme sage. (Scarr., Viry. irav,, ii.)

Puis, poussés par des vents prospères, Éloignasmes bien ébahis,

Cet abominable p^ys. (Id*. *àid,, m.)

S'ils ne sont assez diligents De se tirer loin de l'orage.

Et plier f itemeat bagage,

Pour éloigner ce trou maudit. (Id., iàid,)

Du camp du Rutulois éloignant les quartiers. (Sbgr., Enéide, 1. ix.)

On trouve de même, au sens moral, dans des auteurs du dixseptième siècle, éloigner, pour signifier éloigner de soi, fuir, éviter :

On ne se doit jamais jouer avec la faveur; on ne la peut trop embrasser quand elle est véritable ; on ne la peut trop éloigner quand elle est fausse. (Rbtz, Mém,i 1. 111, 1651.) — Le recevoir comme il faut, c'est le recevoir en détestant ses péchés, en éloignant les occasions de le commettre. (Boss. , Médit, sur le* Êvang., Cène, 1, xLvii.)

Éloigner pour s'éloigner est encore usité dans le centre de la France. On dit habituellement que des objets s'éloignent à la vue, lorsqu'au contraire c'est le spectateur qui s'éloigne :

Cette voiture a éloigné la ferme. (C^ Jaubbrt, Gloss. du centre de la France.)

— ÉLOIGNÉ DE, avec un nom de chose, différent de :

Aussi comme son but est différent du mien,

Je dois prendre un chemin fort éloigné du sien. (Suite du Ment,, ii, 3.)

EMBARQUER (s*) a, fig., s'aventurera, employé dans le style tragique :

Comme en de certains temps il fait bon s'expliquer,

En d'autres il vaut mieux ne s'y point embarquer. (OiA., ii, 3.)

EMBARRASSER ^s'), en termes d'art dramatique, s'unir intimement, se mêler étroitement :

Ces personnages épisodiques doivent s'embarrasser si bien avec les premiers, qu'une seule intrigue brouille les uns et les autres. (Prem, Disc,)

EMBRASÉ. — EMBROUILLER. Mff

— PIÈGE EMBARRASSÉE, piëce intriguée, pièce qui a Fintrigue pour principal moyen :

C'est rincommoditë des pièces embarrassées ^ qu'en termes de Tait OA ttÉÏMe impiexesy par nn mot emprunté du latin, telles que sont Rodogotte et Hénélioa; {Exam. de Ciit.)

EMBRASÉ, fig. UN COEUR bien embrasé, un cœur brûlant d'un amour sincère :

Dites, dites, seigneur, qu'il est bien mal aisé

De céder ce qu'adore un cœur bien embrasé. {lUe et Bérén., ii, %)

— AME EMBRASÉE, commc âme embrasée (Tamaitr :

J'ai perdu temps, seigneur, et eetta ékm msàrasée

Met trop de différence entre iBmon et lliétée. {CEd,, i, 4.)

EMBRASSER, fig. embrasser le timon, le prendre en main :

Du ftmoit qu*il embrasse il se fait le seul faide. [Oth„ m, 4.}

EMBROUILLER, fig. embrouiller la cervelle, troubler la cervelle :

L'un disoit, il est jeune, il veut voir le pays.

L'autre, il s'est allé battre, il a quelque querelle.

L'autre, d'une autre idée embrouiiloit sa cervelle- (Suiu du Meni,, i, 1.)

Des marauds dont le vin embrouitloU la cervelle

Yidoient à coups de poing une vieille querelle. {ibid,, iv, 6.)

— EMBROUILLER [s') L*ESPRiT DE» OU Simplement s'embrouillkr DE, se troubler l'esprit de, jeter de la confusion dans son esprit par :'

Choisis une heure propre à rentrer en toi-même, A penser aux bienfaits de la bonté suprême.

Sans Cembrouiller Vesprii de rien de curieux. {Imit., i, 20.)

Répondras-tu pour lui de son peu de vertu? Ou si c'est pour toi seul que tu dois rendre compte. Quels que soient ses défauts, de quoi C embrouilles -tu? (IM., m, 34.) J'ai délibéré de prendre le temps ainsi qu'il vient sans plus m'embrouiller le cerveau de ces amoureuses passions. (Todrnbbu, Les Contens^ v, 4.)

On trouve de même, act., embrouiller tesprit, jeter la confu-r^ sion dans l'esprit :

Ëcoutez bien ce que vous dit votre ministre , et comme il mêle le vrai et le' faux pour vous em^rotti7(er l'esprit, (Boss., 3* liuir, past,, Prom. de l'figl.)

— EMBROUILLER QUELQU'UN DE, lui cmbrouiller Tcsprit par :

Voici mon vieux rêveur ; fuyons de sa présence,

Qu'il ue. m'embrouille encor de quelque confidence. {La Suiv*, v, 4.)

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