ÉMOUVOIR. — EMPÊCHER
Oa a dit de même avec le proa. pers., s^embrouiller de, s'embarrasser de :
Je fiiis asseï empesché de met affaires, sans m'iombrouUUréu Imbbm. (Lauv., ta Ymt^ K 30
ÉMOUVOIR, exciter, ne rien émouvoir, n*exciter aucun trouble» aueuB soulèvement :
Si tu n'étois qu'un lâche, on auroit quelque espoir
Qu'enfin tu pourrais vivre, et tte rien émouvoir. {Pêrik.^ \\ b.)
EMPÊCHER, v. a., suivi de a, rég. îndir. :
Cet orgueilleux esprit, enflé de ses succéâ,
Pense bien de son cœur nous empécker l'accès. (/Vîcom., ii, 4.)
Voltaire fait cette remarque :
c On ne dit point emtfêcher à, cela n'est pas français. « Il nous empoche Taccès de cette maison : • nous est là au datif; c'est un solécisme, il faut dire^ « On nous défend l'accès de cette maison; on nous interdit l'accès; on nous défend, on nous emi^ècbe d'entrer. »
Les exemples suivants prouvent que la forme critiquée par le trop vétilleux commentateur était d'un usage correct au dixseptième siècle :
L'effort d'un déplaisir , pour être extrême, doit étonner toute r&Be, et Uù emptschtr la liberté de ses «etioas. (Momtai6nb, £m., i, 2J — Un tel curé, par son avarice et envie, noiif veut empetcher la sépulture et la dernière volonté d'an ^i est mort ces jours paeêéi. (H. Estwnnb, ApoL pour Mérod., c. 7.) — Hz en sont entrez en tel doubte et desfiance, qu'il m'a semblé que je ne ieur de)>vrois emptêcher la garde, fortification et seureté des villes qu'ilz habitent. {Leu. miss, de Henri IV, t. ii, p. 46, au roy, 36 avril 1585.) — Ouitre les advis que vous notts en avés donnez et ce que nous en a rapporté le sieur de Vie qui est icy, nous en avons encore d'aultres d'ailleurs, par lesquelles leur* mauvaise volonté nous est assez cogneue, laquelle nous ne leur pouvons pas empescher ; mais, Dieu aidant, nous leur en empescherons bien les effects, mieux que nous espérons qu'ils ne feront ceulx de nos bons et justes desseings. {Ibid,, t. iv, p. 210, 24 août 1594.)— Et vous prions de croire que sy tost que Dieu nous aura fait la grâce de donner quelque ordre aux confusions qu'avons trouvées à nostre advenement à ceste couronne, et qui imnm emtpeMcéttni nos receptes et revenus ordinaires, ne fanldrons de vous rembourser des dicts prêts à vostre contentement, {làiâ,, 30 oct. 1588, t. m, p. 62.)~ Péricart voulant entrer, le passage lui est empesché par les archers de la garde. (Pasq., Leu., xiii, 5.) — Là les capiuines complottèrent pour empescher à leur chef l'essai de ce logis avec son peu. (D'Adb., Hûf. uui».<, i. 2, !'< éd.) Desja leur tyrannie a fait tout son pouvoir
Afin de m" empescher les moyens de la voir. (Racan, Btrg.^ i, 1.)
L'excez de la douleur m' empesché la parole. ^Id., i^ûf., iv, 5.)
Les François tenoient alors la ville de Carcassonne assiégée, et les Bourguignons celle d'Arles ; les premiers quittèrent leur siège et se joignirent aux autres devant Arles, pour lui empêcher le passage du Rhône. (Msz., Àbr, de VUisi. de Fr, av. CkfVisJi ^ Griffon fat tué dans la vallée de Morienne, en une rencontre quil
EMPOftIEMfiNT.
eut avec les gens de Pépin, qui vonloient Uù empiclmr le pMMfe» (M., ibid,, an». 1753.) — Les Allemands, fâchés qu'on imtr en eûiempMié le pillage, esctl»» dèrent les murailles. (Id., ibitU, ann. 1&54.) — Les Tbraces s'estoient emparez en grand nombre du sommet de cette montagne poar empêêcher le passage à Alexandre. (Du Rtbr, Us Supplém. de /. Freinthemiut^ i, 11.) — Elle voulut parler deux ou trois fois, mais ses sanglots et ses larmes lui empêekèrent la parole. (M** DB La Fayette, Zayde^ u.)
Nous croyons que cet emploi pourrait être renouvelé dtos certains cas, comme il Test dans la phrase suivante :
Philippe aperçut l'échaffourée, et, toujours poursuivi de l'idée de trahison, il s'écrie : « Tuez, tuez cette ritÊÊéaiik qui mm empêche le chemin! » (Chat. , Uiu. de France,)
— EMPÊCHER, sans rég. indir. de personne» et avec un rég. dir. de chose, apporter obstacle à :
QvLoi 1 madame, faut-il que mon peu de puissance
Empescheles devoiis de ma reconnoissance,? (Jfetf., iv, 5.)
— EMPÊCHÉ, part. ÊTRE EMPÊCHÉ A, être embarrassé à :
Les mystères de cour souvent sont si cachés
Que les plus clairvoyants y «oui bien empêchés, [Nicom., m, 5.)
Suivant Voltaire « le mot clairvoyants est aujourd'hui banni du style noble. » On ne dit pas non plus «c être empêché à quelque chose; » cela est à peine souffert dans le eon^fûe. »
Faut-il voir du style comique dans cette jfbnae du grave BiNS-
suet :
Je sais bien qu'il est difficile d'exprimer la douleur d'une mère : on ne trouve pas aisément des traits qui nous représentent au vif des émotions si violentes ; et si la peinture y a de la peine, l'éloquence ne s'y trouve j^ moia» empêchée- (Buss., Prem, serm, pour le vend, de la Pose., i.)
Et dans celle-ci du profond Malebranche :
Celui-ci ne saura pas si l'&me est immortelle; il seraii peut-être bien empêché à vous prouver qu'il y a un Dieu, et il vous réduira les égalités de l'algèbre les plus composées avec une facilité surprenante. (Malbbr.) Entret, métaph,, r.)
Gomeille emploie encore empêché à, avec un infinitif, dans m» Discours, écrits d'un style constamment très-soutenu :
Si vous me demandiez ce que fait Ciéopàtre dans Rodogane, depuis qu'ette a quitté ses deux fils au second acte, jusqu'à ce qu'elle rejoigne Ântiochua au quatrième, je seruis bien empêché à vous le dire, et je ne crois pas être obligé à en rendre compte. [Trois, Disc.)
EMPORTEMENT, transport de passion, excès quelconque causé par une passion emportée :
Quittez avec le bal vos malheurs pcMir m« suivre, Ou soudain à vos yeui je vais cesser de vivre.